Présentation de Richard Andry

par Pierre-William Glenn

par Pierre-William Glenn La Lettre AFC n°172

J’ai connu Richard sur mon 1er long métrage en tant que réalisateur en 1973 pendant la préparation du film documentaire Le Cheval de fer, aventure hors norme tournée pendant toute la saison des courses motocyclistes du Championnat du monde de vitesse en 1974. Richard y tenait une caméra et remplissait déjà brillement la fonction d’assistant multi standard qu’exige ce genre de production.

Dire que ce genre d’épreuve crée des liens est un euphémisme – je n’oublierai jamais les interviews de Michel Rougerie et de Patrick Pons sous la pluie au Grand prix d’Autriche ni la tête de Richard soutenant Philippe Gérard à l’arrivée du Grand prix de France à Charade – et j’ai, bizarrement, le sentiment de ne jamais avoir quitté affectivement Richard depuis ce temps.
Pourtant, à regarder de plus près sa longue et brillante carrière, où il a gravi les échelons en occupant avec talent tous les postes de l’équipe de prise de vues, il n’a passé " que " 6 ans avec mon équipe en sortant de l’IDHEC, de 1973 à 1979, de La Jeune fille assassinée de Vadim à Loulou de Pialat (cophotographié par Jacques Loiseleux).

Quelles belles années, qui devraient compter double ou triple au vu de leur intensité, dans lesquelles j’ai pu, avec Richard à mes côtés, nouer des rapports durables d’amitié avec Gerry Fisher, avec Joseph Losey, avec Olivier Benoît, pour ne citer qu’eux, et vivre des films palpitants grâce aussi à sa bonne et sympathique collaboration.
Les anecdotes sont trop nombreuses, drôles et tragiques, pour être comptées par le menu ici, une Lettre entière n’y suffirait pas, mais j’ai suivi l’évolution de sa carrière et j’ai été très heureux de ses collaborations avec Sébastien Grall, Alain Bonnot, Jean-Claude Sussfeld et Marco Pauly – il m’a obligé à regarder la télévision pour apprécier son travail – et disons-le aussi, fier des récompenses qu’il a obtenues dans ce domaine. Richard est compétent, courageux, plein d’humour et fidèle en amitié, qualités dont l’AFC a un besoin essentiel en ce moment pour se renforcer et se renouveler.
Bienvenue parmi nous, cher Richard.

Richard Andry
sur le tournage de Saigon Eclipse d’Othello Khanh en 2007