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"Au cœur de l’océan" tourné en Arriraw sur enregistreur Codex

mardi 24 novembre 2015 - Modifié le 25/11

Au cœur de l’océan (In the Heart of the Sea), réalisé par Ron Howard Voir Ron Howard dans l’index , raconte l’histoire poignante du baleinier Essex, attaqué par un cachalot dans l’océan pacifique en 1820, et qui a inspiré le classique Moby Dick. Le directeur de la photo Anthony Dod Mantle, DFF, BSC, ASC, y voit des similitudes thématiques avec Apollo 13 : « Il s’agit d’hommes qui s’aventurent loin, très loin, de leur habitat naturel, dans un monde qui appartient à autre chose qu’aux hommes, où ils peuvent laisser s’exprimer leur nature aventureuse. C’est pourquoi l’esthétique du monde marin et de l’habitat des baleines étaient si importantes pour le film ».

Anthony Dod Mantle et Ron Howard
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, qui avaient déjà travaillé ensemble sur Rush, sont partis de cet état d’esprit, et ont préparé le tournage consciencieusement. Chaque décision avait ses conséquences, à commencer par le budget. Le tournage en mer et le fait que les acteurs suivaient un régime strict pour incarner de façon convaincante les marins perdus en mer et malnutris rendaient les choses difficiles.

Certaines scènes ont été tournées dans des décors construits, comme le port de Nantucket, et d’autres tournées en studio à Leavesden, parfois sur fond vert. Un navire du XIXe siècle y a été construit, et des cuves et autres dispositifs permettaient d’y reproduire les conditions de navigation, du calme plat à la tempête.

La responsabilité de Dod Mantle portait aussi sur la cohérence d’éléments filmés tant sur mer que dans les airs et sous l’eau, qu’il prit en compte pour le choix du format.

« J’avais le choix entre l’argentique et le numérique, et j’ai sérieusement pensé tourner en pellicule. Mais sur ce projet, il fallait tourner sur des bateaux, en mer, et en général, sur le pont, il n’y a pas beaucoup de place. Tourner en film aurait limité notre liberté. Mélanger les formats est quelque chose que j’ai fait avec succès ces dernières années, mais, finalement, nous avons opté pour le numérique. »

Sur Au cœur de l’océan, quand c’était possible, il a donc tourné en Arri
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Alexa
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XT, enregistrant sur Codex
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, en Arriraw. Les optiques étaient en général des focales fixes Panavision
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Macro et des zooms Primo
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. Quand une caméra plus légère était nécessaire, il a utilisé une Canon
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 C300 et même un Canon
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 1DC.

« L’environnement réel est très difficile à contrôler », dit-il. « Comme beaucoup de films tournés en mer, nous avions des plateformes équipées de groupes électrogènes, et une équipe d’assistance sur un bateau. Je suis installé dans un autre bateau, avec une caméra, dérivant, déplaçant des projecteurs, essayant d’ancrer les bateaux, surveillant le soleil. Et tu réalises que tu as dérivé de 4 miles… Pour faire en sorte que ces plans raccordent, il me fallait tourner en Raw autant que possible. Et maintenant, à l’étalonnage, j’en suis plutôt satisfait. »

Dan Carling, DIT : « Anthony voulait contrôler les caméras afin de pouvoir donner des instructions tout en opérant lui-même une caméra. Il nous fallait recevoir le signal de chaque caméra, souvent sept dont une caméra sous-marine. En plus du poste de vision et du réalisateur, nous transmettions ces images sur le moniteur portable d’Anthony. »

Ce nombre important de caméras imposait des routeurs de grande capacité comme des AJA
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Kumo 3232 et Kumo CP. Du fait de la variété des caméras et des formats, il n’y avait pas de pré-étalonnage.

« Quand nous le pouvions, nous utilisions des LUTs de la société de postproduction (CO3 à Londres), que nous appliquions avec LiveGrade sur MacBook Pro », dit Dan Carling. « Les magasins exposés étaient gérés par une équipe dédiée aux rushes, qui nous les rendait. »

« L’arrivée de l’Arri
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Alexa
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XT a rendu le tournage en Arriraw encore plus simple. La latitude de l’Alexa
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, qui encaisse les ciels lumineux et les fortes réflexions sur l’eau, était un élément important sur ce tournage, et les caméras comme les systèmes Codex
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ont marché à la perfection, comme toujours », dit-il.

« Il y a des films compliqués », dit Anthony Dod Mantle. « Ma philosophie, quand je ne tourne pas en pellicule, c’est de tourner en Raw, si je peux. De cette façon, je peux gérer les incroyables contrastes qui se présentent en toute saison. Quand je rentre du tournage, je peux fournir des rushes étalonnés qui aident le monteur à prendre les bonnes décisions. Puis à l’étalonnage, je suis assez violent, afin d’obtenir le résultat que je recherche. »

Après Au cœur de l’océan, Dod Mantle a éclairé Snowden, d’Oliver Stone, sur lequel il a utilisé l’Arri
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Alexa
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65 dotée d’un enregistreur Codex
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. Au cœur de l’océan sort aux Etats-Unis en décembre 2015.

- Lire plus de récits de tournages sur codexdigital.com

Crédits photo : Warner Bros. Pictures

Traduit de l’anglais par Laurent Andrieux
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