L’Homme à la caméra #6 / Images de l’Inde : entre fantasme et réalité

Séance animée par Jitka de Préval

La Lettre AFC n°273

La sixième séance du cycle "L’Homme à la caméra : Du tourneur de manivelle au chef opérateur", proposé par l’association Kinétraces en partenariat avec La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, s’annonce avec une présentation d’images rares de la période muette du cinéma indien.

Jamsetji Framji Madan, bâtisseur d’un empire cinématographique en pleine expansion, produit en 1919 Bilwamangal, film qui raconte l’histoire de l’amour fou entre le poète Bilwamangal et la courtisane Chintamani, réalisé par le gendre de Madan, Rustomji Dotiwala. En 2005, deux bobines de Bilwamangal jusqu’alors répertoriées sous le titre d’un autre film, Nuit de carnaval (1922) de Tourjansky, sont découvertes dans les archives de la Cinémathèque française.
Ce fragment de 594 mètres représentant une durée de 28 minutes, soit environ un cinquième du film original, n’a encore été que très peu montré et constitue un objet extrêmement précieux, rare vestige de la période muette de la production cinématographique indienne. Si les raisons de la présence de Bilwamangal en France demeurent obscures, la confusion avec le film de Tourjansky n’est probablement pas fortuite.

Intervention de 20 à 30 minutes (avec présentation de documents d’archives) suivie de la projection de :
- Bilwamangal, de Rustomji Dotiwala, 1919, Inde, 28 min.
- Le Chant de l’amour triomphant, de Vyacheslav Tourjansky, 1923, France, 86 min.

"Le Chant de l’amour triomphant"
Collection Cinémathèque française

Jitka de Préval consacre ses recherches à l’histoire et l’esthétique du cinéma indien de la période postcoloniale. Elle termine actuellement sa thèse sur "Le mélodrame de l’incompréhension dans l’œuvre de Raj Kapoor (1924-1988)", l’un des auteurs de Bombay les plus originaux de cette période. Elle a récemment publié un article sur Bilwamangal dans la revue Kinétraces Éditions (n°2, 2017). Elle est par ailleurs membre fondateur et trésorière de l’association Kinétraces, qui réunit des chercheurs autour du cinéma et des arts visuels, au prisme de l’archive.

Les films sont projetés en 35 mm. Les copies proviennent de la Cinémathèque française et ont été restaurées à partir de matériaux de conservation et négatifs issus de ses collections.

La séance est accompagnée au piano par les élèves de la classe d’improvisation de Jean-François Zygel, en partenariat avec le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris.

"L’Homme à la caméra #6 / Images de l’Inde : entre fantasme et réalité"
Séance animée par Jitka de Préval
Mardi 21 mars 2017 à 19h
Fondation Jérôme Seydoux-Pathé
73, avenue des Gobelins – Paris 13e