Le Jour de la grenouille

Comme les têtards, Le Jour de la grenouille a dû subir une lente transformation pour arriver à sa forme finale. Béatrice Pollet, avec qui j’avais souvent travaillé depuis de nombreuses années, ne parvenait pas à concrétiser ce film. Un scénario élaboré pour un sujet en marge. De version en version, finalement, le film a pris forme chez Bandonéon.

L’opiniâtreté de Béatrice et la pugnacité de Dominique Crèvecœur, ou l’inverse, sont finalement venues à bout du projet. Mais évidement nous avons dû adapter nos envies aux moyens disponibles. Et c’est comme cela que s’est construit le film de Béatrice.
Les choix furent drastiques. Pour être viable, le film devait se tourner avec le minimum de moyens et de logistique. Et la mise en scène se satisfaire des contraintes que cela impliquait.
Le temps de tournage fut réduit à quatre semaines. Deux périodes de deux semaines, une en Champagne, à Langres, en juin, et l’autre en Bourgogne, à Auxerre et environs, en septembre.

Avec Béatrice, nous avons convenu que le peu de moyens nous conduisait à mettre en place un système atypique pour filmer. Beaucoup de " bonnes volontés ", beaucoup d’abnégation. Tout le monde a joué le jeu. A tort ou à raison, seul le film ou le spectateur peut le dire.
Ce qui est sûr, c’est que Béatrice a élaboré un film qui est le sien. Je connais son travail antérieur et je reconnais, dans La Grenouille, sa réalisation, son empreinte.
L’implication des comédiens est complète. Tous sont entrés en phase avec le projet et donnent, ou mieux, retiennent ce qu’il faut pour le film.
Et puis les autres, tous ceux qui nous ont aidés, ceux qui, en Champagne et en Bourgogne, ont collaboré à cet élan et sont venus aider les Parisiens dans cette drôle de folie. Drôle, pas tous les jours, mais nous avons poussé " la charrette " avec nos maigres moyens. Car c’était maigre, vraiment maigre.

En ce qui concerne l’image, on frise le minimalisme. Le compte est vite fait. Un chef opérateur, une assistante caméra, Pauline Moreau, et un " électro-machino-à-tout-faire ", Tom Bouchet. La postproduction chez Wallpaper sur Scratch avec Aurélie Laumont. Et voilà pour l’image.
Un Canon 7D, une série Zeiss P2, un CineMonitor HD8 de Transvideo, un Next to Di de chez Global Prestations (glops), un peu de lumière, un peu de machinerie de chez Transpa Lux et Grip, un 18 m3 et voilà. Je vous jure, ce n’est pas beaucoup, mais on a fait avec, et surtout, Béatrice a fait avec.
La liste sur IMDB est incomplète mais reflète bien l’équipe finale et vous permettra de mettre un nom sur les comédiens.
On peut bien évidement critiquer, ou non, le scénario, la méthode de production, les conditions mais ma foi, le film existe, il n’est pas indigent, loin de là, construit, pensé, joué, … entier. Et c’est au final ce qui compte. Puisque, à la fin, on oublie tout le reste, et c’est tant mieux.
Il n’en reste pas moins un film, à voir, à aimer ou non.
On peut même se poser beaucoup d’autres questions. Je ne souscris pas, et de loin, à la mise en place de ce genre de production mais voilà, malgré cela, on se retrouve embarqué dans ces aventures pour plein de bonnes et de mauvaises raisons. Pour moi, la bonne était de permettre à Béatrice de faire son film, coûte que coûte. De son coté, elle joue le jeu. Elle minimalise, elle aussi, ses prétentions sans rien lâcher en mise en scène et réalisation. On fait avec..., tous…
C’est déjà l’objet d’un débat important qu’il faut continuer à alimenter.

Maintenant, tout cela, c’est la partie visible de l’iceberg, vous vous doutez bien… mais comment regarder le film en oubliant ce que vous savez, comment découvrir le travail de chacun sans " a priori " ? Pas facile, finalement.
A vous de juger.

Équipe

Assistante caméra : Pauline Moreau
Electricien-machiniste : Tom Bouchet

Technique

Appareil de prise de vues : Canon 7D
Optiques : série Zeiss P2
Visualisation : Transvideo CineMonitor HD8
Matériel lumière : Transpalux
Matériel machinerie : Transpagrip
Etalonnage numérique : Aurélie Laumont sur Scratch chez Wallpaper