Les objectifs Zeiss Supreme et Radiance en tournage depuis cet été

par Zeiss La Lettre AFC n°315

Les optiques Zeiss Supreme Prime et Supreme Prime Radiance ont notamment contribué à trois longs métrages depuis l’été dernier (chez RVZ et chez Transpacam). Deux d’entre eux ont été filmés par Éric Dumont, AFC, avec deux séries Supreme Prime Radiance fournies par RVZ.

- Suprêmes NTM, réalisé par Audrey Estrougo et produit par Nord-Ouest Films (distribution : Sony Pictures), filmé à deux caméras RED Ranger Monstro à Paris et en région Rhône-Alpes.

Tournage de "Suprêmes NTM"
Tournage de "Suprêmes NTM"
Photo faite par l’équipe, retouchée par Eric Dumont

- My Son, produit par Wild Bunch, Une Hirondelle Production et Sixteen Films, et tourné en Écosse : Christian Carion réalise un remake de son film sorti en 2017 Mon Garçon, et dont Éric était déjà le directeur de la photo.

Tournage de "My Son"
Tournage de "My Son"
Photo faite par l’équipe, retouchée par Eric Dumont

Il est parti cette fois-ci avec quatre corps Arri Alexa Mini LF (une pour le Steadicam®, deux pour l’épaule et une pour la grue, le drone et la voiture-travelling), et a utilisé deux séries Supreme Radiance agrémentées du 200 mm Supreme Prime qui vient de sortir, plus une série "faite maison" composée de quelques optiques vintage recarrossées… de tous horizons.

Tournage de "My Son"
Tournage de "My Son"
Photo faite par l’équipe, retouchée par Eric Dumont

Éric Dumont : « J’ai pris le 200 mm Supreme en plus de la série Radiance parce que j’aime les longues focales, et avec le large format, c’était indispensable. Pour filmer les paysages, les plans larges, les Zeiss étaient parfaits. Les optiques anciennes et leur côté charnel m’ont surtout servi pour les visages : le 45 mm Yashica T1,5, par exemple, ne couvre pas tout le capteur, mais avec une confo cadre à 90 %, il donne un très joli vignettage… »

Tournage de "My Son"
Tournage de "My Son"
Photo faite par l’équipe, retouchée par Eric Dumont

Les deux films seront étalonnés en février et mars (Suprêmes NTM chez Color et My Son chez Poly Son).
(NDLR : Merci à Thomas Burgess, cadreur Steadicam et 2e caméra sur les deux films et opérateur de sa Bolex sur Supêmes NTM pour son aide)

Paillard Bolex sur le tournage de "Suprêmes NTM"
Paillard Bolex sur le tournage de "Suprêmes NTM"
Photo : Thomas Burgess

De son côté, Fabrice Sébille, opérateur et cadreur Steadicam depuis plus de vingt ans, a photographié et cadré son premier long métrage comme directeur de la photo à l’occasion du tournage de Mince alors ! La Rechute, réalisé et interprété par Charlotte de Turckheim et produit par Mon Voisin Productions et Thelma Films. Suite du premier volet sorti en 2012 et qui continue de battre des records d’audience à chaque diffusion télévisée, cette comédie produite par Dominique Besnehard et Christine Gozlan a été tournée en trente-cinq jours, en septembre et octobre dernier dans les Alpilles, avec une Alexa Mini (en Open Gate Arri Raw 3,2K, pour du 2,35:1 en "Super 35") et une série Zeiss Supreme Prime, fournies par Transpacam.

Fabrice Sébille sur le tournage de "Mince Alors ! La Rechute"
Fabrice Sébille sur le tournage de "Mince Alors ! La Rechute"
Photo : Pascal Chantier

Fabrice Sébille : « Au départ j’avais envie des Master Anamorphic avec l’Alexa, mais par un concours de circonstances, j’ai eu la chance que la série Zeiss Supreme soit disponible, quatre jours avant le tournage. Même sans avoir eu le temps de filmer d’essais, j’ai tout de suite vu au tournage à quel point les objectifs étaient fiables et constants : ce que je voyais était ce que j’aurais en postproduction. Charlotte a déjà tourné des comédies où les enjeux de lumière étaient assez lourds, et là, même si on reste avec un cahier des charges de comédie (il faut bien voir les comédiens), elle voulait plus de souplesse et davantage travailler les mouvements. Elle cherchait un opérateur avec qui elle pourrait se concentrer sur le cadre et gagner en souplesse, j’ai donc fait la lumière et le cadre, y compris au Steadicam.

« Les optiques sont formidables, elles permettent des changements rapides de configuration, à la lumière comme à la machinerie, grâce à leur dynamique et à leur construction : toutes les focales pèsent à peu près le même poids, on n’a pas besoin de changer l’emplacement des moteurs et elles ouvrent à T1,5. On a beaucoup tourné à pleine ouverture et, au plus, à T2,8. Que ce soit face aux fenêtres, de nuit, en extérieur dans la montagne, où on a fait de très beaux plans de paysages, c’était très facile de travailler avec ces objectifs. On passait de la configuration compacte à l’épaule, au Ronin, à la dolly, au Steadicam, à l’accroche-voiture, très rapidement. Avec une seule caméra on a fait des journées de quarante plans…

« Le close focus et la profondeur de champ sont dingues : en voiture, on a pu tourner collé aux comédiens, même pour des portraits en courte focale, c’est très intéressant. On a utilisé toutes les focales, même le 150 mm, ce à quoi je ne m’attendais pas ! Mais ce sont les grands angles qu’on a le plus sortis. Avec le 21 mm, qui ne déforme pas du tout, on a fait de grands plans-séquences au Steadicam, à l’extérieur comme à l’intérieur d’un décor immense de mas que l’héroïne convertit en centre de cure et que je ne pouvais éclairer que de l’extérieur.

« Je suis assez Zeiss : je possède une série standard Distagon et j’aime beaucoup les Master Prime, avec lesquels je viens de tourner à nouveau – j’ai pu constater à quel point ils sont plus lourds et plus contrastés que les Supreme… Et toutes les focales de la série ne sont pas aussi belles que le 14 mm. En ce moment, je prépare un long métrage à la co-réalisation et à l’image, je vais appeler Franck Graumann et Didier Diaz tout de suite pour réserver les Supreme ! »

Le film est en cours de montage et sera étalonné en février 2021 par Natacha Louis chez Mikros. Sortie prévue en septembre 2021.

(En vignette de cet article, Éric Dumont, AFC, à l’œilleton, sur le tournage de Suprêmes NTM.)