Les studios de Bry-sur-Marne accueilleront "Versailles" - Saison 2 en 2016

Variety a rencontré Didier Diaz, PDG de Transpalux

La Lettre AFC n°262

Variety, 5 février 2016
Les Studios de Bry-sur-Marne, avec huit plateaux de tournage et une superficie totale de 20 000 mètres carrés, sont l’un des plus grands complexes de studios en France, mais ont été menacés de fermeture au début de 2015, ce qui a provoqué une pétition dans l’industrie du film français pour les sauver. Didier Diaz, PDG de la société de location d’équipement Transpalux, a acquis les Studios le 15 avril 2015. Depuis lors, il a leur donné une seconde vie, accueillant de grosses productions comme la première saison de Versailles en 2015.

Les autres productions de 2015 incluent Planétarium, de Rebecca Zlotowski (Grand Central), avec Natalie Portman et Lily Rose Depp ; Demain tout commence, de Hugo Gélin, mettant en vedette Omar Sy ; et Radin !, de Fred Cavayé, produit par Jerico. D’autres productions sont en tournage ou à venir aux Studios de Bry dont Mon poussin, de Frédéric Forestier (Astérix aux Jeux Olympiques), ou Mes trésors, de Pascal Bourdieu avec Jean Reno.

« L’année dernière, il était très probable que les Studios de Bry allaient fermer », explique Didier Diaz. « Tout le monde dans l’industrie voulait qu’ils restent ouverts. Ils font partie des plus beaux studios de France. A l’époque, je gérais les Studios de Paris et j’ai pris la décision d’acquérir les Studios de Bry en accord avec Luc Besson. Il connaissait le sujet. »

« Nous avons vraiment relancé les studios pour les productions françaises et étrangères », suggère Didier Diaz. « Les nouveaux taux du système d’abattement d’impôt aideront beaucoup. Nous sommes extrêmement reconnaissants de ce nouveau développement, parce que 2015 a été une année très difficile pour tous les secteurs. Avec les nouveaux taux, les films français seront relocalisés en France au lieu d’être tournés à l’étranger et nous pouvons attirer davantage de tournages étrangers. »

« Nous sommes devenus un pays attractif pour les films des États-Unis, de Chine et d’autres parties du monde. Nous ne sommes pas en concurrence directe avec un pays comme le Royaume-Uni qui est un cas particulier et a les majors américaines qui y sont installées. Mais la France est le plus grand producteur de films en Europe et possède également l’un des plus gros box-office, il est donc essentiel que nous défendions aussi notre infrastructure technique. Compte tenu de la taille de notre secteur de production, nos voisins, comme la Belgique, essayent inévitablement d’attirer des productions françaises. »

Didier Diaz estime que l’un des plus grands atouts de l’industrie cinématographique française est le talent de ses techniciens, dont les compétences sont transmises d’une génération à l’autre. « S’il y a une chute brutale de la production en France, en raison du phénomène de délocalisation, ce processus de transfert des connaissances d’une génération à l’autre sera perdu. »

Il regarde les Studios de Bry comme un lieu mythique, construit par Jean-Charles Edeline, président de la SFP – société de service public de télévision –, dans les années 1970. Pour lui, l’un des principaux atouts des Studios de Bry est la taille du backlot, qui peut être utilisé pour stocker du matériel, des décors, et accueillir des ateliers de production, permettant le développement de projets ambitieux, ce qui, dit-il, a joué un rôle essentiel dans l’accueil de la série TV "Versailles", qui utilise deux plateaux de tournage et a déjà signé un accord provisoire pour la saison trois.
« Pour chaque mètre carré de surface de studio, vous avez besoin d’un mètre carré et demi de backlot pour les ateliers et les zones de stockage », dit-il. « Étant donné que les plateaux de tournage occupent autour de 8 000 mètres carrés, cela signifie que 12 000 mètres carrés de backlot sont nécessaires, ce qui est disponible à Bry. Et ce ne l’est pas dans de nombreux studios, en raison du coût associé à l’entretien d’une telle surface. »

Carnage, de Roman Polanski, a été tourné dans les Studios de Bry en 2011, et en 2016, Didier Diaz espère attirer le prochain long métrage de Polanski, sur l’Affaire Dreyfus. « J’ai déjà fait beaucoup de films avec Polanski, comme Frantic », explique Didier Diaz. « Quand Polanski travaille dans les studios, il électrise l’atmosphère. Il a vu les ateliers de Bry et il aime les Studios pour de bonnes raisons. »

(Martin Dale, Variety, vendredi 5 févier 2016 – Traduit de l’américain par Laurent Andrieux pour l’AFC)