Vantage Paris célèbre dix ans de qualité

Les dix ans de Vantage Paris : Alexander Bscheidl fait un bilan d’étape.
A l’occasion des dix ans de son antenne parisienne, Vantage Film propose un entretien avec son directeur, Alexander Bscheidl. Voici la traduction française de l’article original paru en anglais sur le site officiel du loueur-fabricant bavarois.

Vantage Film a été fondé en Bavière en 1993, remportant un rapide succès à travers le marché des tournages à Prague ainsi qu’en Allemagne et notamment à Berlin. La réputation de la société pour l’efficacité de son service de location ainsi que ses innovations en matière de conception d’objectifs, et leur qualité de fabrication, lui ont permis de rapidement se développer.
18 ans plus tard, dans le cadre d’une croissance logique, Vantage Paris fut créé. Depuis le départ, quand l’équipe ouvrait le bal de la location avec le film Taken 2, l’antenne parisienne n’a pas cessé de travailler pour la publicité et les productions de longs métrages.
Depuis maintenant dix ans, cette expansion en France s’est révélée pertinente pour le groupe. A l’occasion de cet anniversaire, le responsable de l’agence, Alexander Bscheidl, revient sur l’évolution de son offre, et évoque les perspectives pour demain.

Pourquoi et comment Vantage Paris a vu le jour ?
Alexander Bscheidl : Le but assumé en s’installant à Paris était de rendre nos produits et nos services plus facilement disponibles en Europe de l’Ouest. A cette époque, la France était dans le top 3 des pays producteurs de longs métrages, et la ville de Paris représente depuis toujours un marché très dynamique dans le domaine du luxe et de la publicité. Et puis, naturellement, la diversification renforce toujours une entreprise en cas de difficultés temporaires locales. Aussi, quand on a envisagé de monter une succursale à l’Ouest, Paris s’est imposée comme l’option la plus attractive. Et n’oubliez pas que la France est le berceau de la prise de vues anamorphique. C’est là que le professeur Henri Chrétien l’a mise au point durant la première guerre mondiale.

Dès le départ, les retours des clients ont été très positifs. Pourquoi ?
AB : Au début des années 2000, l’offre en objectifs anamorphiques n’était pas suffisante localement. L’idée était donc de remédier à cette situation. Un grand nombre de chefs opérateurs français connaissaient notre matériel ou la qualité de nos antennes de location quand ils travaillaient à l’étranger, comme à Prague par exemple. Ce qui nous a donné une première assise commerciale.

Par ailleurs, notre philosophie de travail a particulièrement été bien accueillie à Paris. Nous considérons que les directeurs de la photo et les équipes caméra sont nos clients les plus importants, nous échangeons constamment avec eux. On aide de cette manière aux choix de matériels, en se basant non seulement sur les demandes visuelles de chaque réalisateur, mais aussi sur notre propre expérience avec les équipes et les retours clients. On est donc capable à la fois de fournir une liste caméra "prête à tourner" très rapidement - ou à l’autre bout du spectre assurer l’étude et la fourniture des ensembles les plus complets et les plus ambitieux. Il y a dix ans à Paris, c’était selon moi assez nouveau, chez un loueur de caméra, d’offrir la même attention et la même qualité de service à tous ses clients, aux petits ou aux grands budgets. Comprenez-moi, on n’est pas là pour grappiller chaque euro. La satisfaction du client est toujours primordiale chez Vantage. Et c’est grâce à cette philosophie qu’on a pu se défaire de la course aux prix les plus bas qui a fait rage ici depuis. En un mot, les équipes nous font totalement confiance, sachant qu’elles peuvent se concentrer sur l’aspect purement créatif de leur projet. Et c’est une très bonne place à occuper pour un loueur !

L’équipe fondatrice de Vantage Paris, de g. à d. : Mehmet Aktas, David Ostier, Jean-Claude Ruellan, Alexander Bscheidl, Marina Jégo.
L’équipe fondatrice de Vantage Paris, de g. à d. : Mehmet Aktas, David Ostier, Jean-Claude Ruellan, Alexander Bscheidl, Marina Jégo.

Bien entendu, trouver la bonne équipe dès le départ était un point crucial. Comment avez-vous procédé ?
AB : C’était clair pour moi qu’il nous fallait constituer une équipe de taille raisonnable, talentueuse et polyvalente pour faire démarrer l’agence. On voulait très vite signifier aux productions que la qualité serait en tête de nos préoccupations. J’ai d’abord misé sur quatre personnes avec beaucoup d’expérience, qui ont accepté de nous suivre dans l’aventure, formant un noyau dur qui est toujours là dix ans plus tard. Ensuite, on a complété cette équipe avec de plus jeunes collaborateurs, certains même en formation. Le résultat est un mélange entre l’expérience et l’adaptabilité aux marchés émergents. On travaille depuis un bon moment avec une équipe de huit à dix personnes, mais nous avons des perspectives d’évolutions dans les années à venir. Vantage Paris est encore jeune et plein d’ambitions ! Notre travail d’équipe, l’engagement total qu’on garantit sur chaque projet, et à chaque équipe de film, sont pour moi les facteurs les plus importants de notre succès. J’en profite pour remercier chaleureusement toute mon équipe française ainsi que chacun dans le groupe Vantage qui a pu contribuer à cette réussite.

En 2016 Vantage Bruxelles a été annoncé, tandis qu’en 2019 une succursale au Maroc a été également initiée. Chacun de ces deux pays partage des liens très forts avec la France et sa production de films. Quelle est la stratégie par rapport à ces deux ouvertures ?
AB : La Belgique et le Maroc ont tous deux une longue histoire commune de co-production avec la France, et chacun offre dans ce cadre des opportunités. Le but était de développer encore plus le marché du long métrage et de mieux s’y implanter, en travaillant de concert avec Paris, un peu comme un "siège central". Ainsi on représente la plupart des objectifs Hawk en exclusivité sur la France, la Belgique et le Maroc. Il faut rappeler qu’avant même la création de ce lieu à Marrakech, on avait déjà une clientèle régulière là-bas. Maintenant on propose en plus une véritable agence avec toutes les facilités en matière d’essais. Le Maroc lui-même offre une palette de décors naturels qui peuvent passer à l’écran pour une bonne vingtaine de pays différents. Et une excellente infrastructure pour les tournages. On y entrevoit donc un grand potentiel.

L’équipe de Vantage Paris en 2020
L’équipe de Vantage Paris en 2020

En 2010, Arri a lancé le système Alexa, qui marque le véritable début de l’ère numérique sur les plateaux de cinéma. Comment cela a-t-il affecté vos premières décisions ?
AB : Ça a été un avantage. Être avant tout un loueur de caméras numériques dès le début, en faisant appel aux autres agences du groupe pour faire venir du matériel argentique, si besoin. En parallèle de ce choix, et en réponse aux demandes des opérateurs et de leurs assistants, on a continuellement introduit à notre catalogue des accessoires tels que les systèmes Preston FIZ, Poignée Bleue, O’ Connor Randall Handle, Vantage MB Flex, Vantage Diopter Holder, Vantage Retro Macro Adapter ou les célèbres optiques françaises de la marque Kinoptik. Tous ces outils ont ensuite été adoptés par le groupe de manière plus large. Tandis qu’en même temps la gamme Hawk continuait à s’étoffer, complétant du coup notre catalogue et notre offre en matière d’optiques.

D’un point de vue commercial, comment avez-vous pu construire et consolider le succès de la marque Vantage à Paris ?
AB : Faire avancer la société et la faire progresser à un rythme raisonnable a toujours été notre stratégie. Tout cela en maintenant l’équilibre entre le moyen et le long terme, en se basant sur une croissance annuelle de 10 %. Ainsi Vantage Paris a été bénéficiaire depuis son premier jour d’activité. Nos décisions en matière d’investissement en matériel sont toujours dictées par une réelle demande, en corrélation avec notre connaissance du marché. Pour vous donner un exemple, Vantage ne s’est jamais engagé sur le créneau de certaines technologies à la mode comme la 3D ou la réalité virtuelle. On aime à se sentir convaincus par la technologie elle-même, comme par les outils qui rendent le travail quotidien de nos équipes et de nos clients plus facile. C’est pour cette raison qu’on a peu de matériel obsolète dans notre parc.

Le modèle économique de la location semble être dans un cycle de consolidation où les grands groupes offrant des offres globales sur la caméra, la machinerie et la lumière, se taillent la part du lion. Pourquoi ce n’est pas le cas de Vantage ?
AB : Quand on a démarré en 2011, la plupart des loueurs en France n’offraient qu’une spécialisation comme la caméra ou la lumière. Depuis, ils sont presque tous devenus des loueurs multi équipements. On est donc très fiers de rester concentrés sur une seule spécialité, en offrant une vraie expertise, celle du domaine de la caméra. Dans ce contexte mondial d’évolutions rapides, la passion, le savoir-faire et les investissements nécessaires pour rester au top sont incroyablement importants. Le groupe Hawk/Vantage est une entreprise florissante depuis son lancement en 1993, et on prévoit de continuer dans cette direction, notamment en partie grâce à cette spécialisation. On est donc loueur de matériel caméra Arri, RED et Sony, associant des optiques d’à peu près tous les fabricants importants comme Arri, Canon, Cooke, Fujinon, Kinoptik, Leitz et Zeiss. Nos caméras nous appartiennent en main propre, et nous ne pratiquons pas de sous-location de matériel appartenant à des chef opérateurs ou à d’autres techniciens. Ça veut dire qu’on est un prestataire neutre. Et que la confiance peut régner.

Comment voyez-vous les dix prochaines années chez Vantage Paris ?
AB : On se sent actuellement dans une situation favorable, dans le cadre d’un marché français puissant et dynamique. Tandis que la crise sanitaire s’éloigne peu à peu, les choses reprennent leur cours. En parallèle, les restrictions de voyage ont pas mal réduit les délocalisations de tournage vers les pays au moins disant salarial. Les conséquences directes ont été une relocalisation des tournages, les producteurs réalisant qu’à peu près tout pouvait simplement être filmé dans l’hexagone. Les mesures du crédit d’impôt 2017-2018 ont également incité les productions étrangères à revenir tourner ici. On sent que nous avons trouvé une sorte d’équilibre entre les projets publicitaires et de longs métrages. Et puis les prochains Jeux Olympiques de 2024 en France s’annoncent comme un événement majeur, Vantage Paris étant situé dans l’épicentre de cet événement. Tout ça pris en compte, ces dix prochaines années m’ont l’air plutôt prometteuses...

Alexander Bscheidl
Agé de 45 ans, Alexander Bscheidl peut s’enorgueillir d’une trentaine d’années d’expérience dans le domaine du cinéma. « Je sais combien ma collaboration avec Vantage est précieuse », explique-t-il. « C’est un honneur que Peter Martin et Wolfgang Baumler soient mes amis. Ils m’ont tant appris ! Ces deux hommes sont des obsédés de la qualité, et c’est par exemple une de ces passions que j’ai ramenées avec moi en France. Encore aujourd’hui, si j’engage un nouvel employé, ils peuvent ressentir cet acharnement pour la qualité. C’est vraiment au cœur de l’ADN de Vantage.
« Pour moi, l’Allemagne est le pays de la fabrication des matériels de cinéma, tandis que la France est celui des productions de films », ajoute Alexander. « C’est ce qui me pousse à prendre le meilleur de ces deux mondes et à l’offrir à nos clients à Paris. »

Wolfgang Baumler parle d’Alexander Bscheidl :
« Alexander est un collègue sur qui on peut compter, qui amène toujours son sens du détail et son dévouement à la qualité », déclare Wolfgang Baumler, directeur général et fondateur de Vantage Film. « Mais plus encore, il est notre ami. Et comme il amène avec lui son expérience du plateau, son implication et sa compréhension des besoins des équipes permettent de porter notre niveau de service à un niveau bien supérieur. Il n’est pas qu’un simple prestataire de service, c’est un vrai allié. Nous sommes fiers et reconnaissants pour ce qu’il a pu accomplir. »

Peter Martin parle d’Alexander Bscheidl :
« Nos dix premières années à Paris ont été couronnées de succès principalement grâce à la qualité de service et à celle de nos optiques », déclare le directeur général et fondateur de Vantage Film, Peter Martin. « C’est aussi dû aux infatigables efforts de notre cher ami et collègue Alexander, qui associe la philosophie de la marque à son flair inimitable. On lui doit, ainsi qu’à toute son équipe, notre gratitude la plus sincère, et on a hâte de découvrir ce que les dix prochaines années vont apporter à Vantage Paris et à la communauté toute entière de la prise de vues. »

Traduction française par François Reumont pour l’AFC

Crédits photos : Vantage Film / Fanny Coustenoble / Anthony Boivin / David Quesemand, AFC.