Voyez comme ils dansent

Troisième collaboration avec Claude Miller, après La Petite Lili (2002) et Un secret (2006). Un tournage au loin (le Québec, en février-mars), une équipe presque entièrement locale (trois techniciens français seulement), un scénario construit autour d’un voyage en train traversant tout le Canada, d’un océan à l’autre.
Marina Hands
Dans Voyez comme ils dansent de Claude Miller, photographié par Gérard de Battista

Le projet dégageait dès le début un fort parfum d’"aventures" : l’équipe inconnue, le froid, le train, les forêts, les lacs, les espaces…
Et ce fut en effet une belle aventure, à commencer par la complicité retrouvée avec le metteur en scène, la découverte d’une belle équipe de tournage que je salue et remercie encore ici, les quatre jours et quatre nuits dans le train traversant les interminables plaines enneigées puis les montagnes avant Vancouver, la région des lacs au nord de Trois-Rivières où nous avons tourné tous les extérieurs " Alberta ".

Claude utilise la caméra comme un des outils principaux du récit. Il lui demande d’en dire long et beaucoup sur les personnages, sur les lieux, sur le temps même. Ce qui peut être raconté par l’image seule ne sera pas doublé ou appuyé par autre chose. C’est très impressionnant et stimulant pour l’opérateur.

Nous avons tourné avec deux caméras Sony F23 pour les séquences d’hiver (90 % du film), et deux Sony 9000 pour les séquences d’été. J’étais évidemment très inquiet avant de commencer le tournage à propos du comportement des caméras par grand froid, nous devions nous attendre à des températures de -15 à -20 degrés. En fait, ces caméras ayant parfois tendance à " chauffer " en temps normal, nous les allumions dès le matin et ne les coupions qu’une fois la journée terminée, et tout s’est bien passé. De fréquents recalages d’objectifs (" back focus " comme disent les amateurs de numérique) tout au long de la journée, mais à peine plus que d’habitude.

Tout au début de la préparation du film, il avait été envisagé de tourner les scènes de train à l’arrêt, avec des incrustations de paysages dans les fenêtres. L’exiguïté des cabines, couloirs, wagon-restaurant, inquiétait beaucoup. Je penchais pour tenter de tourner dans le train roulant vraiment, en essayant de profiter de la vérité des plans, d’éventuels " accidents " bénéfiques de lumière et de gérer au mieux les autres… C’est finalement ce qui fut fait, et tant mieux. Les séquences tournées dans le " top " du wagon-salon auraient été extrêmement compliquées, voire impossibles, en incrustation. La F23, une fois coupée en deux en séparant le bloc-magnétoscope, devient finalement peu encombrante et le tournage dans la cabine a pu se faire sans trop de contorsions. Et puis… rater un tel voyage !

Un grand souvenir pour moi donc que le tournage de ce beau film touchant et fort.

Des mercis renouvelés à la magnifique équipe qui m’a si bien aidé.

Équipe

Cadreurs caméra B : Nathalie Moliavko-Visotzky (hiver), Denis-Noël Moester (été, Steadicam, hélico)
Premiers assistants opérateurs : Mathieu Decary, Jocelyn Simard, Stéphane Caron
Seconds assistants opérateurs : Isabelle Savard, Isabelle Pépin, Laurent-Alexis Guertin
Troisièmes assistants : Hugo Généreux, Pierric Souly
Chef électricien : Daniel Chrétien
Chef machinistes : Serge Grenier et Jean-Maurice de Ernsted

Technique

Matériel caméra : MTL Video
Labo rushes : Vision Globale
Postproduction :
Confo et étalonnage : Duboi (Natacha Louis)
Effets spéciaux : Duran (Alain Carsoux)
Shoot : Scanlab
Etalonnage photochimique : Christian Dutac