Installer le cœur de son récit au sein d’un grand hôtel parisien n’est sans doute pas la chose la plus facile pour une série. C’est pourtant le choix qu’ont fait Marie Monge et Vladimir de Fontenay pour leur nouvelle série "Privilèges", produite par HBO Max Warner. Six épisodes menés sur un rythme tambour battant, principalement vu à travers les yeux d’une jeune détenue (Adèle/Manon Bresch) ayant décroché l’opportunité rare d’un stage au sein du palace dans le cadre de son programme de réinsertion. Une série qui voit se rejoindre l’univers des ultra riches et celui de la petite délinquance en une succession de rebondissements propres aux codes de la série à suspens. C’est David Cailley, AFC, qui signe les images des six épisodes, présentés en sélection française lors du festival Séries Mania 2026. (FR)
"Etty", la nouvelle série écrite et réalisée par Hagai Levi (showrunner de "En thérapie" et "The Affair") est une sorte de biopic d’un genre un peu particulier. Le script puise son inspiration dans le journal intime de Etty Hillesum, jeune femme juive néerlandaise, contemporaine d’Anne Frank mais plus âgée qu’elle (de 15 ans son aînée). Délaissant volontairement la précision d’une reconstitution historique, le réalisateur israélien a décidé de filmer les six épisodes dans l’époque contemporaine, ou tout du moins dans une ville d’Amsterdam où le spectateur louvoie entre les années 1940 et 2000. Un pari osé qui joue la carte de l’universalité des situations et des personnages, en 2026 alors que les percées des droites extrêmes et du fascisme menacent de nouveau à travers le monde. C’est le directeur de la photo néerlandais Martijn van Broekhuizen, NSC, qui s’est occupé de mettre en image, dans sa propre ville, cette série. Il nous explique les enjeux et les choix originaux de cette glaçante dérive dystopique vers le totalitarisme. (FR)
En débutant par des images d’archives issues du journal télévisé, Benjamin Charbit et Dominique Baumard placent visuellement leur nouvelle série "Camarades" au cœur des événements de 1968. Construite dramatiquement autour de la faculté de Vincennes, avec cinq personnages principaux, cette chronique du mouvement étudiant lorgne en écriture parfois du côté du théâtre, tellement ce lieu unique et légendaire imprègne la série. Un tour de force à l’image pour Céline Bozon, AFC, qui nous explique comment elle a méticuleusement préparé ce projet en utilisant les outils de création de looks "Diachromie et Diaphanie", désormais proposés par Poly Son. (FR)
Unique série française sélectionnée dans la compétition internationale à Lille, "Paolo", de Sébastien Marnier (adapté de son propre roman Mimi), s’appuie sur le portrait d’un homme insatisfait, dont la vie va soudain basculer dans le crime. À la fois solidement ancrée dans un réel social et politique qui résonne avec l’actualité des toutes récentes élections municipales, la série flirte aussi avec le fantastique, dont les scènes nocturnes très stylisées deviennent vite l’étendard. Un thriller psychologique bâti sur le mensonge, dans lequel s’enfonce inexorablement le protagoniste. Romain Carcanade est à la caméra pour mettre en image cette série de sept épisodes produite par HBO Max. (FR)
Avec la série "Eldorado", le réalisateur Louis Farge (Culte, Log Out, Follow) propose la reconstitution d’un scandale d’état des années Giscard. L’affaire des "avions renifleurs" mise au jour en 1983 par le journaliste Pierre Péan du Canard Enchaîné. Au-delà du voyage visuel et sonore dans les années 1970, le réalisateur s’empare du sujet pour livrer une série originale, volontairement éloignée des codes des films d’arnaque ou de casse popularisés par Hollywood. En créant une galerie de personnages (inspirés des authentiques protagonistes) il offre aussi à ses principaux interprètes des rôles touchants où chacun semble tour à tour dépassé ou manipulé. Une fable sur le mensonge et sur la solitude qui marque la fin des Trente Glorieuses pour l’occident. C’est Martin Laugery, qui signe les images de cette série pour Arte, sélectionnée en compétition française au festival Séries Mania 2026. (FR)
Le réalisateur Benjamin Rocher ("Goal of the Dead", "Antigang 1 et 2") s’est vu confier par France 2 et Disney l’adaptation en série télévisée de la bande dessinée "Lucky Luke". C’est son acteur fétiche Alban Lenoir qui incarne le cow-boy solitaire, lancé dans une quête à travers les paysages du grand Ouest. Finalement assez éloignés de l’écriture caustique de René Goscinny, les huit épisodes proposent un long voyage dans l’univers très codé du western, avec clins d’œil au cinéma de Sergio Leone et donc à "Blueberry", de Jean Giraud, l’autre grande bande dessinée française influencée par le maître du western spaghetti. C’est Steeven Petitteville, AFC, qui signe les images de cette série avec, en renfort, Maxime Cointe, AFC, sur l’épisode 7. "Lucky Luke" est présenté hors compétition en avant-première au festival Séries Mania 2026. (FR)
Certainement l’un des événement de cette édition 2025 de Série Mania, "Querer", co-écrite et mise en scène par la réalisatrice espagnole Alauda Ruíz de Azúa évoque la parole féminine face à la violence domestique, et dresse un portrait implacable de la société et d’une famille espagnole contemporaine. Racontée sur quatre épisodes (filmés sur 11 semaines), comme autant de chapitres d’un long combat pour cette mère de famille (interprétée formidablement par la comédienne Nagore Aramburu), cette série est aussi un bijou de mise en image où chaque cadrage et surtout chaque mouvement de caméra semble minutieusement composé et étudié pour servir chaque temps de l’intrigue. Rencontre avec Sergi Gallardo, le directeur de la photo de cette série bientôt diffusée sur Arte qui a remporté le Grand Prix, à Lille. (FR)
Pour sa première série depuis vingt ans, le réalisateur britannique Joe Wright (Reviens-moi, Orgueil et préjugés, Anna Karénine) décide de se lancer dans une narration à la première personne de la conquête du pouvoir fasciste. S’éloignant volontairement de la reconstitution pure de l’envers du décor que constituait par exemple Les Heures sombres, son précédent biopic historique consacré à Sir Winston Churchill, la série "M" joue presque comme une sorte de show hypnotique et lancinant avec un Luca Marinelli au crâne dégarni apostrophant régulièrement la caméra (Prix d’interprétation à Lille). C’est le directeur de la photographie Seamus McGarvey, BSC, ISC, ASC, ami et collaborateur de longue date du cinéaste britannique, qui l’a accompagné une fois de plus sur cette série qui était en compétition internationale. (FR)
Réalisée par Kasia Adamik et Olga Chajdas, la série "Kaboul" est une coproduction européenne entre la France, la Belgique, la Grèce, l’Allemagne et l’Italie. Ce projet très ambitieux traite de l’évacuation de la capitale de l’Afghanistan, à l’heure de la retraite américaine en 2021. Dans la grande tradition anglo-saxonne des films recréant l’actualité ou des événements majeurs de l’histoire récente, cette série offre une reconstitution de la chute de Kaboul. C’est le directeur de la photographie polonais Mateusz Wichłacz, PSC, compatriote ayant déjà travaillé avec les deux réalisatrices qui a été en charge de filmer l’intégralité de la série. On revient avec lui sur cette reconstitution spectaculaire de l’Afghanistan dans la banlieue d’Athènes, en compétition officielle internationale à Séries Mania. (FR)
Le Festival Séries Mania, dont la 15e édition s’est tenue à Lille du 21 au 28 mars 2025, a décerné ses prix lors de la cérémonie de clôture. Le jury de la Compétition internationale a attribué le Grand Prix à la série espagnole "Querer", réalisée par Alauda Ruiz de Azúa et photographiée par Sergi Gallardo. Le jury de la Compétition française a quant à lui décerné le Prix de la Meilleure série à "37 secondes", réalisée par Laure de Butler et photographiée par Benjamin Louet.