Décès de l’actrice et réalisatrice Ronit Elkabetz

Jean-François Hensgens, AFC, SBC, et Jeanne Lapoirie, AFC, témoignent
« Le regard intense, les traits taillés à la serpe, la crinière noire flamboyante. Ronit Elkabetz était le visage du nouveau cinéma israélien. Cette nouvelle vague profuse, diverse, stimulante […] a été marquée par ses rôles intenses de femmes se débattant sur le voie escarpée de l’émancipation quand la pression de la société patriarcale ne les poussait pas au bord de la folie. Le cancer contre lequel elle luttait depuis deux ans l’a emportée, mardi 11 avril, à 51 ans. » Isabelle Regnier, Le Monde, 21 avril 2016
Ronit Elkabetz dans "Tête de Turc", en 2010
DR

J’ai rencontré Ronit sur le film Tête de Turc, réalisé par Pascal Elbé. Pendant le tournage, j’avais le sentiment qu’elle et son personnage se ressemblaient beaucoup. Une femme intelligente, volontaire, déterminée qui a traversé des épreuves mais n’a jamais baissé les bras. J’ai eu beaucoup de plaisir à travailler avec elle. Sa curiosité et son énergie enrichissaient le plateau.
Son départ m’attriste beaucoup.
Jean-François Hensgens, AFC, SBC

Ronit Elkabetz dans "Gett, le procès de Viviane Amsalem", en 2013
DR

J’ai été très choquée par l’annonce de la disparition de Ronit Elkabetz, j’ai tourné le film Gett, le procès de Viviane Amsalem, qu’elle a réalisé avec son frère Shlomi, l’été 2013, elle était en pleine forme. C’était une belle rencontre, j’ai beaucoup aimé travailler avec elle, un mélange de spontanéité d’énergie, d’ambition, d’humour. Le plaisir de filmer une actrice, une madone, une icône, une diva…
Ce visage blanc, ces cheveux très noirs, comme si c’était elle qui avait été à l’origine de l’esthétique du film, film quasi noir et blanc, personnages habillés très sombre dans un décor tout blanc…
Elle avait deux jumeaux de un an à l’époque du tournage, je me sentais très proche d’elle, elle me faisait rire…
J’ai une immense tristesse de sa disparition et n’y croit encore pas complètement…
Jeanne Lapoirie, AFC

  • Lire ou relire l’entretien accordé par Jeanne Lapoirie, AFC, à propos de son travail sur le film Gett, le procès de Viviane Amsalem, sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs lors du 67e Festival de Cannes.