Disparition du directeur de la photographie Paul Bonis

La Lettre AFC n°256

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Nous avons appris avec tristesse la nouvelle du décès de notre confrère Paul Bonis, directeur de la photographie, jeudi 2 juillet 2015 au Bono (Morbihan), où il résidait ; il était âgé de 76 ans. Ayant consacré quarante ans de sa vie au cinéma, il disait avoir un « maître », Claude Chabrol, étant pour lui « presque un père de substitution ».

Né en 1940, d’un père résistant de la première heure, mort au maquis en 1944, Paul Bonis découvre le cinéma dans les années 1950 au ciné-club du petit séminaire où il est envoyé. Formé ensuite à l’Ecole Louis-Lumière – alors rue de Vaugirard et d’où il sort en 1960 –, il entre dans l’équipe prise de vues du film Cléo de 5 à 7, d’Agnès Varda, en 1961, où il fait une première rencontre avec le directeur de la photo Jean Rabier.
Sa carrière débute effectivement en 1965 en tant qu’assistant de ce dernier sur Le Bonheur, d’Agnès Varda, et Marie Chantal contre Dr. Kha, de Claude Chabrol, une autre rencontre qui le marquera profondément. Il assiste Jean Rabier, mais aussi Ghislain Cloquet, jusqu’en 1971 tout en passant au cadre avec Claude Zidi sur plusieurs films.

Celui-ci donne à Paul Bonis l’opportunité de faire son premier long métrage en tant que directeur de la photographie avec Les Bidasses en folie. Six comédies avec Claude Zidi suivront mais à l’occasion d’un court métrage, La Cage de Pierre (1968), une nouvelle rencontre lui fera aborder un registre bien différent, l’univers cinématographique de Pierre Zucca. Les films qu’ils tourneront ensemble vont de Vincent mit l’âne dans un pré (1975) jusqu’à Alouette, je te plumerai (1988), en passant par Rouge-gorge (1985), entre autres.
A partir de 1991, il photographie des films pour la télévision, réalisés entre autres par Jean-Louis Bertuccelli et Michel Sibra, tandis qu’en 2003, La Maîtresse du corroyeur, fiction de Claude Grinberg, sera son dernier travail comme opérateur. En 2006, il crée avec d’autres passionnés le ciné-club La Luciole, au Bono, où sont projetés des films oubliés.

L’AFC présente à son fils Julien, à ses petits-enfants ainsi qu’à leurs proches ses sincères condoléances.

En vignette de cet article, Paul Bonis en 2010 - DR / Ouest-France
Merci à Julien Bonis et Sylvie Zucca pour les photos publiées dans le portfolio ci-dessous.