Le grand voyage de Bertrand Tavernier

La Lettre AFC n°318

Avec la disparition de Bertrand Tavernier, survenue jeudi 25 mars 2021 à l’âge de 79 ans, la famille du 7e art perd le dernier membre de sa branche française de cinéastes appelés "classiques". Homme à la curiosité inassouvie et à la culture encyclopédique, il avait fait du cinéma son chez soi, aimant s’y retrouver tant à l’occasion des tournages de ses films qu’au fil de sa vie. Les opérateurs, avec qui il affectionnait de partager lectures et perles rares, oubliées des écrans de toute nature – comme avec ses autres collaborateurs, amis ou connaissances –, étaient selon lui, metteur en scène, ses alliés.

Né à Lyon, le 25 avril 1941, d’un père poète et résistant, Bertrand Tavernier, dès son adolescence, est à la fois féru de lecture et fasciné par les images de cinéma vues dans les salles obscures qu’il fréquente assidument. À l’âge de 20 ans, il écrit pour Positif un premier article sur Temps sans pitié, de Joseph Losey, puis, au cours des années 1960, dans d’autres revues spécialisées telles que Cinéma 60, Les Cahiers du cinéma, Présence du cinéma ou encore Les Lettres françaises. Il est parallèlement attaché de presse et scénariste avant de tourner, en 1973, son premier long métrage, L’Horloger de Saint-Paul.

Laissant à d’autres le soin de parcourir les quarante et quelques années de passion pour le cinéma que couvre une œuvre dont le dernier film aura été Voyage à travers le cinéma français, en 2016, rassemblons ici quelques liens donnant accès à un texte de Bertrand Tavernier et des écrits et témoignages de personnes ayant côtoyé Bertrand Tavernier. Faisant lui-même un jour référence dans une lettre à des répliques du dialogue entre deux scénaristes de son film Laissez-passer, rappelons pour finir le « beau programme », selon ses propres termes, que tout réalisateur pourrait se fixer, à savoir que si les cinéastes, ces fabricants d’histoires, servent à quelque chose, c’est à « éclairer la vie »*.

* Lettre de Bertrand Tavernier à Xavier Giannoli, reprise sur le site de France Inter.

En vignette de cet article, Bertrand Tavernier sur le tournage de Quai d’Orsay - Photo Etienne George