Nico, 1988

Nico, 1988 est le troisième film de Suzanna Nicchiarelli, réalisatrice italienne. C’est un road movie retraçant les deux dernières années de la vie de Christa Päffgen, surnommée Nico, qui fut chanteuse du Velvet Underground, muse d’Andy Warhol et commença sa carrière solo à la fin des années 1960.

Plus qu’un biopic, Nico, 1988 est un portrait qui aborde à travers une longue tournée à travers l’Europe et au-delà du mur de Berlin les facettes les plus sombres de la vie de Nico, son addiction à l’héroïne, sa relation à son fils. C’est aussi l’histoire de la renaissance d’une artiste et d’une mère.

Trine Dyrholm
Photo Emanuela Scarpa

Avec Suzanna, nous nous sommes inspirées des images vidéo des années 1980 et des images des concerts de Nico de cette période, sans chercher à en reproduire le rendu mais en jouant avec certaines de leurs caractéristiques. Nous avons ainsi opté pour le format 1,33. Souhaitant réduire la définition de l’image et sur une profondeur de champ autre que celle des capteurs Super 35 mm, nous avons utilisé le format Super 16 de l’Alexa Mini (en ProRes) et choisi les Zeiss Ultra 16 comme objectifs. Du fait de notre format carré et de nos décors (souvent assez de bas de plafond et présentant de très grandes profondeurs), j’ai assez vite ressenti la nécessité d’intégrer une partie des sources de lumière dans l’image. Les scènes de concerts s’y prêtaient naturellement, à condition d’utiliser des projecteurs cohérents avec la période. De la même façon, les extérieurs nuit sont souvent éclairés avec des sodium ou des bacs mercure qui pouvaient être dans le champ. J’ai aussi eu régulièrement recours aux réglettes fluos, en les jouant avec de fortes dominantes, comme c’était encore le cas dans les années 1980.

Susanna Nicchiarelli et Trine Dyrholm
Photo Emanuela Scarpa

Nico est film très coloré (c’était l’une des caractéristiques des images que nous avions retenues). L’enjeu a été de donner une identité visuelle à chacun des concerts, sans tomber (j’espère) dans une sorte de patchwork, et aussi de créer une atmosphère spécifique pour les différents lieux, censés se trouver dans différents pays, dont une partie en Europe de l’Est alors que nous tournions à Rome ou en Belgique.
Il y aussi quelques flashes-back dans le film, des instants très courts, presque expérimentaux dans la narration et le traitement de l’image, relatifs à des événement clés de la vie de Nico, ainsi que des images 8 mm extraites de films de Jonas Mekas. Ces moments se mêlant parfois, nous avons fait kinescoper les premiers et garder tous les défauts d’un télécinema, volontairement "bas de gamme", mauvaise fixité, petites rayures, scratches et poils.

Le tournage de Nico a été pour moi une jolie aventure, riche en expérimentations, notamment grâce à Suzanna et son désir d’image.

Équipe

Assistants caméra : Pierre Assénat, Loïc Carrerra, Olmo Amato, Coralie Denooz
Chef électricien : Valerio Gorga (Italie), Tanguy Delhez (Belgique)
Chef machiniste : Jérémie Leloup

Technique

Matériel caméra : Rec Rome (Arri Alexa Mini, Zeiss Ultra 16)
Matériel electrique et machinerie : Eye-Lite Belgique
Laboratoire : Lazer Films
Etalonneur : Nazzareno Neri