Nocturnes

Lorsque Henry m’a envoyé par la poste son scénario, alors que nous ne nous connaissions pas, j’ai ressenti que c’était aussi pour ce genre de merveilleuse surprise que j’avais voulu faire ce métier. Un ami commun m’avait recommandé auprès de lui et il désirait que je lise son projet avant de nous rencontrer. Il est de plus en plus rare que les propositions nous arrivent avec autant d’élégance et de simplicité.
Henry Colomer
Henry Colomer
pendant les repérages de Nocturnes
(Photo Jean-Jacques Bouhon)
Henry Colomer
Henry Colomer
La casquette n’est pas réglementaire...
(Photo Jean-Jacques Bouhon)

Et je ne pouvais qu’adhérer à l’esprit de ce film qui me rappelait l’époque de mon enfance, dont je pouvais retrouver les images – et même les odeurs – au fil des lignes du scénario.
Nous nous sommes retrouvés dans un bistrot du XXe arrondissement et... nous ne nous sommes plus quittés ! J’exagère, bien sûr, mais c’est là que s’est scellée notre complicité durant les deux heures d’une conversation passionnée. Ce fut une longue et tortueuse aventure, le budget étant maigre et les embûches nombreuses.

Mais nous avons réussi à réunir une équipe passionnée, dévouée à raconter ce qui n’était pas vraiment une histoire mais un film de sensations d’images. Images en noir et blanc, filmées en HD, mélangées à des archives et étalonnées sur le Colorus avec la complicité attentive et talentueuse d’Aude Humblet et tirées sur Kodak 93, à ma demande, par Bruno Patin. Eclair nous avait permis de faire les essais nécessaires au choix de la filière avant le tournage.

Photogramme extrait de Nocturnes
Photogramme extrait de Nocturnes

Je devrais citer toute mon équipe, tant elle a été présente à mes côtés, Marianne Lamour, en premier lieu, chef électricienne chaleureuse et pleine d’un humour gai, Hugues Gemignani, assistant opérateur discret et efficace...
Merci et bravo à Raymond Sarti, chef décorateur, qui a su créer des décors dans des lieux de fortune avec trois francs six sous, un talent simple et une équipe du tonnerre.

Mon goût pour les comédiens a été comblé par la rencontre de Sarah Grappin, à la beauté grave et mélancolique, de Miguel Garcia, comédien et réalisateur catalan d’une générosité rare et des enfants, héros de l’histoire, Quentin Testas et Zacharie Olivet, aux caractères aux antipodes l’un de l’autre, qui firent des frères de cinéma attentifs et disponibles aux paroles d’Henry.
Bien sûr, ce film, produit avec une grande honnêteté par Denis Freyd avec des bouts de ficelle glanés çà et là (merci la région Centre Val de Loire), sort dans très peu de salles. J’espère passionnément qu’on lui laissera le temps de rencontrer son public.

Henry Colomer et Raymond Sarti, chef décorateur
Henry Colomer et Raymond Sarti, chef décorateur
Préparation de Nocturnes
(Photo Jean-Jacques Bouhon)
Sarah Grappin et un objet anachronique...
Sarah Grappin et un objet anachronique...
... le film se passe dans les années 1960
(Photo Jean-Jacques Bouhon)
Hugues Gemignani, assistant opérateur, Henry Colomer et Jean-Jacques Bouhon
Hugues Gemignani, assistant opérateur, Henry Colomer et Jean-Jacques Bouhon
Clin d’œil au labo

Technique

Matériel caméra : Sony 900 et série Zeiss Digiprime Panavision-Alga-Techno
Lumière : Transpalux
Machinerie : Car-Grip Films
Laboratoire : Eclair