Retour sur la restauration de "Cyrano de Bergerac", de Jean-Paul Rappeneau, photographié par Pierre Lhomme, AFC

La Lettre AFC n°287

Programmé à Cannes Classics, Cyrano de Bergerac, de Jean-Paul Rappeneau, photographié par Pierre Lhomme, AFC, était projeté dans une version restaurée. Quelques mots sur la restauration du film par L’Image Retrouvée et son étalonnage, supervisé par Jean-Paul Rappeneau et Pierre Lhomme, et effectué par Sébastien Mingam.

Sur la restauration de Cyrano de Bergerac
Cyrano de Bergerac a été restauré par Lagardère Studios Distribution, en collaboration avec la Cinémathèque française avec le soutien du CNC, du Fonds culturel Franco-Americain DGA-MPA-SACEM-WGAW, d’ARTE France - Unité Cinéma, de Pathé et de Monsieur Francis Kurkdjian. 
La restauration a été réalisé en 4K à partir du négatif image caméra en collaboration avec le réalisateur Jean-Paul Rappeneau au laboratoire L’Image Retrouvée (Paris- Bologne).
L’étalonnage de l’image a été supervisé par Jean-Paul Rappeneau et Pierre Lhomme, chef opérateur du film.
La restauration du son a été faite à partir du son numérique original issu du système LC concept par l’équipe ayant travaillé sur le film à l’époque.

Sur l’étalonnage de la copie restaurée, par Sébastien Mingam
J’ai rencontré Pierre Lhomme il y a quelques années lors de la restauration du Joli Mai, réalisé par Chris Marker et lui-même. Nous approchons maintenant de la dizaine de films restaurés ensemble, parmi lesquels L’Amant de cinq jours, de Philippe de Broca, ou encore Le Roi de cœur, du même réalisateur. Je citerai enfin La Vie de château, qui est le premier film de Jean-Paul Rappeneau. Travailler ensemble est un pur plaisir...

Avant de commencer notre travail, Pierre et moi n’avons malheureusement pas pu visionner de copie 35 mm. Une restauration HD avait été effectuée en 2010 mais le résultat était discutable. Le fait d’avoir Pierre à mes côtés pendant la restauration m’a évidemment enlevé toute inquiétude quant à la direction à prendre...
Je travaille depuis maintenant plusieurs années sur Baselight. Sachant que je travaille beaucoup en courbes, ce système d’étalonnage et son ergonomie me permettent de travailler sereinement dans un temps compté. Travailler en courbes renvoie à la notion de sensitométrie, ce qui, à mes yeux, se justifie d’autant plus que nous parlons de 35 mm, même si son traitement, dans ce cas, est numérique.
L’étalonnage a duré deux semaines... intenses ! Il était évident, pour Pierre et moi, que la dernière séquence, par exemple, méritait un travail particulier, et surtout un temps particulier. Nous avions besoin de la travailler, mais aussi de la "digérer", pour ensuite y revenir et y repasser du temps. Nous avons donc abordé cette séquence dès la fin de la première semaine de travail, pour y revenir en fin de deuxième.
Nous n’avons pratiquement pas utilisé de masques. Je suis moins enclin à utiliser des masques - lorsqu’il s’agit de restauration - surtout à des fins purement esthétiques. C’est un choix que j’assume, mais je pars du principe que ces outils n’existaient pas à l’époque, et qu’il y a là une forme d’anachronisme. Ceci dit, s’il y a un défaut à cacher, évidemment nous en utilisons.
D’une manière générale nous nous sommes efforcés de rester fidèle à l’original mais, personnellement, je pense que certaines séquences du film seront "redécouvertes", si je puis dire...
Le film doit ressortir en salles à la rentrée et une sortie Blu-Ray est prévue. Enfin, il y aura la rétrospective Jean-Paul Rappeneau en fin d’année à la Cinémathèque durant laquelle le film sera évidemment projeté.

Anne Brochet dans "Cyrano de Bergerac"