Ce sentiment de l’été

Deuxième long métrage de Mikhaël, c’est notre quatrième collaboration. Ce film, comme le précédent, Memory Lane, devait se faire en Super 16 sur la demande express de Mikhaël qui n’envisageait aucun autre support dès l’écriture. C’était en 2010, 2011.
Mikhaël Hers et Sébastien Buchmann, au centre, sur le tournage de "Ce sentiment de l’été"
DR

En mars 2014, lorsque Nord-Ouest m’a contacté au lancement de la production du film, tourner en Super 16 est devenu pour beaucoup une aberration, au mieux, un geste, une curiosité. Après des premiers essais comparatifs entre du Super 35-2perfos, du Super 16 et la F55 qui mirent tout le monde d’accord, Pierre Guyard, le producteur, et Thomas Santucci, directeur de production, nous ont soutenus et ont fait en sorte que tout cela soit possible : ce sera donc du Super 16 ! Le 35 mm était trop noble pour le rendu recherché. La fragilité du support 16, et toutes ses caractéristiques, de la grande profondeur de champ due à la taille de l’image jusqu’à la richesse des couleurs, nous ont tous convaincus.

C’est évidemment aussi grâce à Arane que le choix a été possible. Il restait pourtant un surcoût incompressible par rapport au numérique, le transport et l’assurance du négatif non développé. Mikhaël est très porté par les décors extérieurs, et son histoire nous amène à tourner d’abord deux semaines à Berlin, puis dix jours à Annecy, à Paris et enfin New York pour un total de 37 jours. Pour cette raison on a dû développer tout ce qui a été tourné outre-atlantique chez Technicolor à New York (qui livra également un TC des rushes, merci à Jake Caffera, étalonneur des rushes) pour réduire. Tout le reste chez Arane.

J’ai décidé de tout tourner en 7219, 500 ISO donc, par facilité de gestion des chutes, mais aussi évidemment pour le rendu du grain. Le Super 16 scanné est très différent de ce que peut donner le S16 gonflé dans une filière traditionnelle. J’ai exposé en extérieur jour à 160 ISO, 250 en int. jour, 400 en int. nuit et 500 en ext. nuit. Je n’ai jamais poussé le développement qui ramène trop de contraste. Je me suis rendu compte qu’à 500 ISO à Paris, j’avais plus qu’il ne fallait de sensibilité (ce fut moins évident à Berlin et encore moins à New York qui, contrairement à ce qu’on croit, sont des villes très peu éclairées la nuit).
Sur les conseils de mon étalonneur Richard Deusy, nous avons testé différents scans (2K), le Arrilaser et le lasergraphic (que seul possédait Arane). Et c’est le lasegraphic qui a eu ma préférence. Car si nous voulions du grain, je ne voulais pas lui ajouter la mollesse du Super 16 gonflé traditionnel. Pour cette raison, j’avais choisi les Ultra 16 de chez Zeiss. Les deux scans étaient très différents quant au piqué : avec le lasergraphic, il fallait filtrer sur les gros plans, avec l’autre non. J’ai filtré donc, heureusement parcimonieusement, car nous avions opté pour un scan après montage. Or, sitôt le tournage fini, Arane a fermé ses portes (ainsi que Technicolor à New York d’ailleurs). Le scan s’est donc fait sur un Arrilaser, à mon grand regret.

Au final, je dois admettre avoir dégrainé quelques plans, une dizaine, et pour la plupart des plans très larges de jour avec beaucoup de ciels pour lesquels le grain ne jouait pas en faveur de la beauté des paysages. J’ai tourné aussi quelques plans avec ma Bolex, en 16 mm donc, des plans de paysage, d’atmosphère, dont nous ne savions pas au final s’ils seraient montés. Il y en a quelques-uns.

Voir la bande-annonce

Portfolio

Équipe

Assistant caméra : Lazare Pedron
Opérateur Steadicam : François Adler
Chef machiniste : Ahmed Zaoui
Chef électricien : Philippe Leroy

Technique

Matériel caméra, machinerie et lumière : groupe Transpa (caméra Aaton Xtera, optiques Zeiss Ultra 16, zoom Zeiss 11-110 mm)
Pellicule : Kodak 7219
Laboratoire développement : Arane et Technicolor NYC
Etalonnage : Richard Deusy chez Technicolor (Boulogne)