Cine Gear 2019 Los Angeles : une expérience

Par Rémy Chevrin, AFC
Quinze ans que je n’étais pas retourné à Los Angeles. A l’époque, j’y étais pour tourner une publicité Maybelline et je n’avais eu que peu de temps pour rencontrer les acteurs de l’industrie cinématographique locaux. Cette année, c’est donc avec beaucoup d’excitation et d’ambition que j’envisageais ce saut au-dessus de l’Atlantique pour y retrouver les grandes enseignes internationales du cinéma.
Entrée des Studios RED
Photo Rémy Chevrin

A peine atterri dans cette grande ville, muni de mon sac à dos et d’une petite valise pour ces trois jours américains, RED m’avait invité au dîner annuel que l’entreprise propose la veille du Cine Gear, suivi de la fameuse party dans les locaux de RED Studios et Entreprise. Ces studios ont été rachetés il y a quelques années par l’entreprise qui y a fait ses bureaux californiens ainsi qu’un show room permanent : ce qui leur évite d’exposer au Cine Gear, étant à un bloc des studios Paramount où l’exposition a lieu. Ce sont dans ces bureaux que je serai reçu le samedi matin par Jarred Land, Christina Williams et Naida Albright pour discuter des relations de collaboration et de communication entre l’AFC et RED, objet aussi du voyage sur le sol américain.
Lors de cette soirée, j’ai pu croiser divers opérateurs américains dont Matthew Libatique, ASC, très en forme, mais aussi Jon Fauer, ASC, de Film and Digital Times, Tommaso Vergallo, de Leitz Cine Weltzar, Gerhard Baier, de P+S Tecknik : l’occasion d’évoquer nos relations transatlantiques et le besoin permanent de se questionner sur le contrôle de nos images face à la diversité et la multiplicité des responsabilités de plus en plus évidentes dans nos pays respectifs (l’exemple des bancs de montage capables de truquer et étalonner sans notre présence...).

A l’entrée des Studios Paramount
Photo Rémy Chevrin

Ce qu’il faut retenir du Cine Gear, c’est avant tout une certaine démesure de l’espace et des outils exposés. L’événement est accueilli dans les Studios Paramount, au cœur de la ville d’Hollywood dans un espace qui correspond à l’équivalent de 12 à 15 fois les studios d’Epinay.
Plus de 30 "stages", allant du 800 m2 au 2 000 m2, construits au milieu du XXe siècle et modernisés évidemment depuis. L’exposition se tient en intérieur sur les plateaux 3, 4, 5, 6 et 7, plus en extérieur le long des "New York Streets", sorte d’énorme back lot appuyé sur les façades des studios.
De façade à façade des "sky cam" et des grues se regardent, les caméras virevoltant tantôt sur la Technocrane 75, tantôt sur le Skycam 1D rentrant dans un immeuble et ressortant de l’autre côté...

Beaucoup de fournisseurs et prestataires locaux (plusieurs dizaines sur Los Angeles) proposant tous des solutions propres à leur entreprise et à leur R&D. Ce qui frappe, c’est avant tout la course à la technologie que se mènent les exposants, surtout dans le domaine du contrôle de la lumière par Application sur iPad et sur board. Cette année, tous les grands fabricants de projecteurs proposent des solutions LED, murs verticaux lumineux, course à moins de consommation et plus de puissance.

Softsun : un nouveau produit plus puissant encore le Softsun 200 KW capable sur une ampoule d’éclairer en plein jour des surfaces gigantesques. Un monstre...

DMG Lumière par Rosco : les trois frères de Montgrand sont réunis pour accueillir le visiteur. Un mur lumineux à assemblage rapide (10 mn) à partir de SL double et totalement RVB et en DMX gérable par iPad ou board et permettant des tailles de murs conséquentes (10 à 12 m2 sur le stand...). Le tout bien sûr en relation directe avec l’ensemble de la gamme des couleurs de gélatine Rosco.

K5600 : niché dans une rue new-yorkaise en extérieur, Marc Galerne et son équipe propose des solutions lED à partir de Joker mais c’est surtout sa Fresnel de 300 W LED sur un cheap de 3 x 3 cm qui m’impressionne. Une qualité de lumière irréprochable et qui donne un rendu doux et typique des Fresnel classiques. De même, un prototype de Dinolight LED de puissance 1 300 W sur une lyre orientable et qui développe une lumière douce en switch 3 200-5 600 K équivalente à un PAR 2,5K dans une toile de 1,2 x 1,2 m.

Angénieux : accueilli par Emmanuel Sprauel de Thales, Séverine Serrano, Christophe Remontet et Davy Terzian, j’ai pu découvrir en avant-première le superbe 40 mm de la nouvelle gamme d’objectifs fixes Optimo Prime : un objectif conçu et construit avec la même exigence et compétence que l’on connaît de l’entreprise. Complètement raccord avec la technologie des zooms Angénieux, il propose une solution de lumière à T1,8, avec un minimum de point de 11". Compacts et légers (1,7 kg de mémoire), couvrant les grands formats 24 x 36, la série ira du 18 au 200 mm et sera disponible dans le courant de l’année 2020. Impatient de la tester dans les prochains mois... dans les locaux de Angénieux. On pourra même les personnaliser selon le projet en pouvant en démonter une partie et y ajouter une pointe personnelle par rapport à la diffusion et au piqué : du sur mesure... comme dans un grand prix de Formule 1.

Leitz Cine Weltzar : accueilli par Tommaso Vergallo, le stand Leitz Cine, très joyeux et très apprécié par les visiteurs du Cine Gear, propose les traditionnelles gammes Summilux-C, Summicron-C, Thalia grand format - dont le superbe 90 mm à 1,4 qui amène une très belle diffusion à pleine ouverture -, et M0.8 mais surtout ce sont les nouveautés qui intriguent. Deux magnifiques zooms raccord de texture Leitz et qui sont le 25-75 T2,8 et le 48-175 T2,8 de diamètre constant. Une nouvelle série, les Leitz Prime - couvrant aussi le grand format -, est proposée allant du 21 au 135 mm ainsi que les dioptries achromatiques pour focales fixes et zooms Macrolux 95 et 114, d’une puissance de +0,5, +1 et +2.
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Zeiss : Christophe Cazenave est aux commandes du stand exposant, épaulé par Sehnal Patel, le responsable Zeiss Amérique Nord et Sud, et son équipe. Les optiques Grand Format pour LF Venice DXL et Monstro : une présentation exhaustive des produits phare de la gamme cinéma Zeiss Supreme, du 21 mm au 135 mm à T1,5 avec le 15 et le 18 mm ainsi que le 200 mm à venir au cours de l’année 2020. Zeiss confirme aussi l’engagement qu’il a pris pour épauler la Leçon de lumière de Caroline Champetier au 47e Festival du Film de La Rochelle.

P+S Technik : Gerhard Baier, ancien dirigeant de Leitz Cine, est maintenant chez P+S Technik et il promeut une très belle série d’objectifs anamorphiques X1,5 pour 16/9 à partir de série des années 1970 et 80 Technovision (75 mm et 100 mm disponibles, un zoom 40-70 mm avec anamorphose frontale) et des Evolution anamorphiques X2 du 32 au 100 mm.
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Sigma : Foucault Prouvé, responsable Ligne Sigma Lens pour le cinéma, aussi du voyage au Cine Gear, a pu parler avec les techniciens américains de la proposition d’optiques T1,5 et de leur focale récente couvrant le format large des dernières caméras numériques : les 28 mm, 40 mm et 105 mm. Rappelons pour information que ces dernières optiques sont conçues dans l’esprit cinéma (flare, gravage et conception), contrairement aux autres optiques de la série venant de la tradition de fabrication photographique.

Transvideo : joyeusement tenu par Jacques Delacoux et sa compagne, le stand propose les solutions Transvideo HD de haute qualité ainsi que le dernier-né de la gamme Starlite HD, véritable petit bijou technologique très ludique et maniable, en bref le meilleur ami de l’opérateur.

Arri, Sony, RED, Panasonic, Panavision : ils présentent tous aussi leur nouveauté comme nous en avons eu le plaisir de voir cette année au 19e Micro Salon. Les équipes américaines sont submergées par le public nombreux venu entouré de familles d’enfants et de public plus divers, curieux de découvrir le matériel mais aussi les studios qui ont ouvert à cette occasion. Les bus Paramount proposent aussi des navettes entre la ville et le studio, ce qu’a su très bien faire aussi RED qui a mis en place un RED Tour dans ses studios, permettant la visite des lieux et une démonstration au grand public des dernières caméras de leur entreprise.

Les petits plus du Cine Gear 2019 :
- un drone gigantesque capable d’emporter 70 kg de poids tout compris (30 kg de caméra ), le Sierra de XM2
- une maison allemande d’objectifs proposant des objectifs anamorphiques 2x - au format Vista Vision - Glaswerk One, du 32 au 135 mm T2,4.
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