Jean Monsigny, un regard

Par Gérard Mordillat, réalisateur

La Lettre AFC n°302

Jean Monsigny, c’était un regard. Un regard extraordinaire de peintre, de photographe, de plasticien, de chef opérateur.

Mais, au-delà de ses connaissances techniques, de son sens artistique, Jean Monsigny avait une exceptionnelle qualité d’écoute, une attention aux autres de tous les instants, une modestie qui pour ceux qui l’entouraient chargeait l’idée du travail en commun (tel qu’il existe dans le cinéma) d’une réalité concrète, d’un sens profond. Jean Monsigny ne travaillait pas à la légère, il s’y engageait tout entier, se vouait à la cause du film…

Godard disait que l’histoire d’un film, c’est toujours une histoire d’amour.
Au premier jour de tournage de La Messe dorée, de Beni Montresor, Lucia Bosè dit à Jean : « Ne regarde pas dans la caméra, aime-moi ». Elle parlait à un artiste, pas à un technicien. Et en retour, Jean – à l’instar du peintre qu’il aurait pu être – lui a offert une de ses plus belles apparitions à l’écran.

Sur le tournage de "Billy Ze Kick"
Jean Monsigny, Patrick Wyers et Gérard Mordillat en 1985
Photo Georges Azenstarck


Sur le tournage de "Billy Ze Kick"
Jean Monsigny, Patrick Wyers, Zabou Breitman et Francis Perrin, en 1985
Photo Georges Azenstarck


Jean Monsigny aimait discuter peinture, sculpture, place du corps dans l’espace, de la photo et de l’exploration de tous ses possibles. Son dernier travail fut un travail photographique très radical sur la lumière et les formes, comme s’il y cherchait son graal, une note parfaite et unique qui serait sa signature…

En vignette de cet article, Zabou Breitman et Gérard Mordillat sous l’œil de Jean Monsigny, en 1985 sur le tournage de Billy Ze Kick - Photo Jacques Prayer