Le Goût des merveilles

J’étais en tournage sur Un Français quand Eric Besnard m’a contacté pour me proposer son film (merci Olivier Hélie, Julie Belthoise, Margot Luneau). Il n’avait jamais tourné en numérique et avait un peu peur de ce support.

Eric se demandait si le numérique était adapté à un tournage "nature". Ses références n’étaient rien de moins que Terence Malick… Il redoutait le manque de subtilité des couleurs et le côté métallique.
Je tournais Un Français en Sony F55 RAW et je lui ai proposé de faire une séance d’étalonnage avec Natacha chez Technicolor sur quelques plans de mon tournage.
Il n’a pas été très convaincu par rapport au numérique après ces essais mais il est vrai que c’était des images d’un jeune punk en banlieue parisienne, alors que Le Goût des merveilles se passe en Drôme provençale au printemps…
Difficile de se faire une vraie idée.

Deux semaines plus tard, nous sommes partis dans la Drôme faire de vrais essais. J’avais emmené une F55, des Cooke S4 et quelques Summilux. Ces deux jours d’essais en équipe ultra légère (Fanny, Chloé et moi) furent très concluants car une bonne partie des plans tournés est dans le montage final. Il faut dire que Benjamin Lavernhe était avec nous.
James Canal et Eric nous avaient fait un planning d’enfer : champ d’épeautre, colza, lavande, arbres en fleurs, couchers de soleil… Tous ces décors à une heure de route chacun évidemment...
Fanny Chausson a prouvé que même au 300 mm et sans répétition, elle assurait au point.
De retour chez Technicolor, nous étions tous convaincus que la F55 en RAW était la bonne solution. Légèreté et rendu des couleurs. Le choix entre Summilux et Cooke S4 s’est surtout fait par rapport au nombre de focales disponibles. Vu que nous allions beaucoup tourner à deux caméras, j’ai choisi les S4.

Nous avons refait deux jours d’essais-tournage avec Christophe Artus pour tester différentes vitesses caméra et supports épaule. Benjamin Lavernhe jouait un autiste Asperger, et l’on cherchait à trouver le meilleur moyen d’exprimer en images son démantèlement sensoriel. De nouveau : beaucoup de ces plans tests sont dans le film.
Le tournage s’est très bien passé (août-septembre). La Drôme est une région magnifique et nous avons eu de très belles lumières naturelles et de très beaux ciels. Grâce à une souplesse de plan de travail.
La maison et le jardin de Louise (maison principale du film) étaient très bien exposés au niveau soleil. Je sais qu’Eric avait fait attention à cela. Je pense que la lumière est assez naturaliste mais tout en essayant de sublimer la nature. C’était le but, en tout cas…

J’avais une super équipe : Didier Versolatto, chef électro, et Réginald Desy, chef machino. Bertrand Seitz, chef déco, avait fait un travail magnifique en intérieur comme en extérieur (des champs et des cerisiers en fleurs en septembre). Chapeau !
Le travail avec Virginie Efira et Benjamin Lavernhe fut un vrai bonheur.
Nous avons souvent tourné à deux caméras. Soit sur la même scène, soit en deuxième équipe pour continuer les plans "nature" et nuages.
Natacha Louis a fait "des merveilles" à l’étalonnage.
J’ai pris beaucoup de plaisir à faire ce film lumineux.
Merci Eric.

Portfolio

Équipe

Cadreur : Christophe Artus
1re assistante caméra A : Fanny Chausson
1re assistante caméra B : Eléonore Huisse
2e assistante caméra : Chloé Acher
Chef électricien : Didier Versolatto
Chef machiniste : Réginald Desy

Technique

Matériel caméra, lumière, machinerie : TSF Caméra (deux Sony F55 – Cooke S4 – Classic Soft HD), TSF Lumière, TSF Grip
Laboratoire : Technicolor
Etalonnage : Natacha Louis