Présentation d’Aurélien Marra, directeur de la photographie et nouveau membre de l’AFC

Par Laurent Chalet, AFC, et Denis Lenoir, AFC, ASC, ASK

par Laurent Chalet, Denis Lenoir Contre-Champ AFC n°329

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Récemment admis à l’AFC, le directeur de la photographie Aurélien Marra est présenté ici par Laurent Chalet, AFC, et Denis Lenoir, AFC, ASC, ASK, ses parrains, qui ont tous les deux soutenu sa candidature en tant que nouveau membre actif de l’AFC.

Aurélien Marra, par Laurent Chalet, AFC
J’ai le souvenir vivace de ma rencontre avec Aurélien, alors étudiant à La Fémis au département Image, quand j’animais un atelier dédié à la prise de vues en documentaire à la demande de Jean-Jacques Bouhon.
Je me remémore ses prises de paroles et de ses interrogations quant à la place de l’opérateur, de son rôle et de son influence prépondérante sur l’arc narratif et esthétique du film dans ce dispositif particulier.
Preuve qu’Aurélien a une conscience aiguë des aspects essentiels de notre métier, qui vont bien au-delà de la simple maîtrise technique de nos outils.

Dès la sortie de La Fémis, Aurélien signe la photographie de plusieurs courts métrages pour lesquels son travail à l’image est primé dans divers festivals internationaux.
Plus récemment, la grande sensibilité et la maîtrise dont il a fait preuve sur le film Deux, de Filippo Meneghetti, retient l’attention des jurys de Camerimage en 2020 et des ASC Awards en 2021.
Aurélien est un directeur de la photographie talentueux, nourri d’une riche culture cinéphilique qui fait des choix audacieux dans les films qu’il a décidé d’accompagner.
Je suis persuadé qu’Aurélien a toute sa place au sein de L’AFC.

Aurélien Marra, par Denis Lenoir, AFC, ASC, ASK
Ayant rencontré Aurélien à l’occasion des ASC Awards au printemps dernier, nous nous étions retrouvés à bavarder (virtuellement, comme toute la cérémonie qui suivit), notre francophonie servant de prétexte et créant une complicité. J’ignorais alors qu’il était présent parce que nommé au Spotlight Award – je l’ai trouvé immédiatement extrêmement sympathique. Quelques heures plus tard, il remporta ce prestigieux prix, je le félicitais sincèrement me promettant de voir le film qui lui valait cet honneur.
Avant d’avoir vu son travail, je pensais donc déjà à ce qu’il nous rejoigne, sa maturité, ce qu’il disait, si jeune, du cinéma et de son métier, et puis bien sûr la reconnaissance internationale qu’il acquérait, "Best Cinematography Debut" à Camerimage en 2020 suivi de ce Spotlight Award, tout me semblait aller dans cette direction. Et puis j’ai regardé Deux, et j’ai compris, compris pourquoi son travail était ainsi récompensé et compris en même temps pourquoi j’avais pu échanger avec lui comme avec un collègue confirmé, c’est remarquable mais fin et subtil, jamais rentre-dedans ni tape-à-l’œil, au contraire toujours juste et sensible.
Aurélien est très désireux de nous rejoindre et d’être actif dans notre association, je crois qu’il y a parfaitement sa place.
On pourra objecter qu’il n’a pas encore fait beaucoup de longs métrages, Deux n’était que son deuxième mais il en a tourné trois depuis, pour un total donc à ce jour de cinq, ce qui lui donne tous les critères nécessaires.

En vignette de cet article, Aurélien Marra, caméra à l’épaule, sur le tournage de Garder ton nom, de Vincent Duquesne, en 2019 - Photo Dan Pesah