Retour sur le 25e anniversaire des Rencontres de l’ARP

Par Richard Andry, AFC

par Richard Andry La Lettre AFC n°258

Nos ami(e)s Auteurs-Réalisateurs-Producteurs fêtaient cette année les Noces d’argent du Cinéma avec la Bourgogne, 25 années – partagées entre Beaune et Dijon – « d’empoignades passionnées, de débats et de fêtes autour du cinéma » et, de mon humble point de vue, l’édition de 2015 a été un très bon crû.

Dès le départ du train spécial pour Dijon, l’ambiance était donnée, retrouvailles ou nouvelles rencontres étaient déjà suivies de chaleureux échanges autour des infos du Film français et d’Ecran Total gracieusement distribuées à la montée dans le wagon, le tout enrichi par les différents buzz apportés par chacun.
Les maîtres mots des Rencontres Cinématographiques de Dijon semblent devoir être avant tout : bonne humeur, chaleur et convivialité ce qui dans cette période plutôt crispée facilite, dès avant le coup de sifflet de départ du TGV, les échanges et le débat.
Il n’y avait certes peu de techniciens mais nos amis, membres associés de l’AFC, et partenaires des Rencontres étaient venus en nombre : Eclair, Mikros image, Panalux, Panavision, Technicolor, de même que la CST en la personne de Pierre-William Glenn, AFC, son président, et Angelo Cosimano, son délégué général, sans parler des "copains d’avant" croisés à l’IDHEC ou sur les plateaux des beaux jours de l’argentique et maintenant du triomphe du numérique et devenus auteurs réalisateurs ou producteurs. La liste est longue et le partage des expériences fut des plus enrichissants.

L’assistance était riche de grands noms du cinéma français. Jacques Audiard officiait en qualité de président de ces 25es Rencontres, Claude Lelouch accompagné par Elsa Zylberstein, comédienne principale de son dernier (et 45e) film présentait Un + une, photographié avec talent par notre confrère Robert Alazraki, AFC. Agnès Varda eût droit à une "standing-ovation" avant un repas offert par François Rebsamen, maire de Dijon, dans le salon d’honneur du Palais Ducal avec pour invitée d’honneur la Garde des Sceaux, Christiane Taubira.
Il est vrai que Fleur Pellerin, qui était attendue, s’était décommandée – devant accompagner le Président de la République en Grèce – et avait adressé une vidéo pré enregistrée (à la qualité artistique plutôt médiocre !) qui nous fut projetée le lendemain à la fin de la journée de débats. Madame la Ministre nous rassurait en ce qui concerne le futur vote de l’Assemblée sur le crédit d’impôt et donc, en conséquence, sur les relocalisations.
Elle avait été précédée par une autre femme politique, ancienne vice-présidente de la Commission européenne actuellement députée européenne, Mme Viviane Reding qui, sous le feu des questions de Pascal Rogard, délégué général de la SACD, nous avait, elle aussi, rassuré le matin même, et sur l’exception culturelle, et sur les négociations TAFTA/CETA. « Ne vous inquiétez pas, gens de la culture et du cinéma, il n’y a aucun danger, je veille sur vous. Vous pouvez me faire confiance, vous me connaissez ». Elle a passé quinze ans à la Commission européenne dont dix avec Barroso…

Rassuré, je l’étais peut-être, mais un débat vint troubler quelque peu ma sérénité. Il concernait plus directement les techniciens, et donc les directeurs de la photo, "La postproduction est-elle la dernière variable d’ajustement des films ? " Débat très intéressant, modéré par Serge Siritzky, réunissant Gilles Gaillard, DG de Mikros image, Jean Mizrahi, PDG d’Ymagis, et Abraham Goldblat, gérant d’I Mediate Post Productions. Je ne vous cacherai pas que le discours "cost-cutter" de ce dernier m’a plutôt interpelé car, à l’entendre, cette variable d’ajustement, il va plutôt la chercher dans l’allègement de la masse salariale, même s’il en regrette, au passage, les conséquences sur la formation par la transmission des savoirs.
L’intervention de Thierry de Segonzac, président de la Ficam et de TSF, présent dans la salle, permit d’entendre quelques pensées plus chaleureuses : en relevant que, dans le domaine du cinéma, l’exigence de qualité artistique était primordiale et qu’il fallait donner les moyens au directeur de la photographie et au réalisateur, tant en amont au point de vue du choix du matériel de prise de vues et de l’organisation du "workflow", qu’en aval au moment de l’étalonnage, et que cela ne se définissait pas, au préalable, par un algorithme de compression des coûts et du temps de travail. Merci Thierry !

Vous pouvez retrouver ce débat, et d’autres tout aussi intéressants, en "replay" en bas de cette page.

Au passage, je tiens à féliciter les trois étudiants en design de l’Ecole nationale supérieure d’Art et de Design de Dijon (Emile Couture, Tom Louvat, Danko Pavlovic) pour la conception de l’identité visuelle de cette manifestation, élaborée à partir des « mires de cinéma dont la richesse graphique a permis l’élaboration du lettrage de l’acronyme de l’événement. »
Un coup de chapeau aussi à l’équipe de "Couverture Image" pour la qualité de sa prestation de retransmission et de sa régie plateau.
Merci et bravo à l’ARP, à Eric Lartigau et Dante Desarthe, ses co-présidents, et à Florence Gastaud, sa déléguée générale, pour la réussite et l’exemplarité de ces Rencontres dont beaucoup devraient s’inspirer, pour la richesse des échanges, des débats, des évènements et des projections. Le menu était à la hauteur de la beauté de la ville de Dijon et des vins de Bourgogne.

En vignette de cet article, Jaques Audiard lors des 25es Rencontres de L’ARP - Photo Mediakwest.