Six jours ce printemps-là

Malgré les difficultés, Sana tente d’offrir à ses jumeaux des vacances de printemps. Son projet initial tombant à l’eau, elle décide de partir avec eux sur la Côte d’Azur, dans la villa luxueuse de son ex-belle-famille, en cachette. Six jours de soleil qui marqueront la fin de l’insouciance.

Ce film marque ma huitième collaboration avec Joachim Lafosse en près de quinze ans. Et s’il y a toujours une part de lui dans chacun de ses films, c’est sans doute celui où sa vie se projette le plus directement.
 En effet, le scénario s’inspire d’une histoire réelle qu’il a vécue avec son frère jumeau et leur mère, il y a plus de trente ans.
Cette dimension personnelle a profondément influencé nos choix photographiques. Dès les repérages, j’ai eu envie de concevoir un film de vacances, un film de souvenirs, empreint de cette légère distorsion propre à la mémoire. C’est ce qui m’a poussé à orienter le visuel du film vers une esthétique volontairement non réaliste, démarche que Joachim a immédiatement soutenue. 
Cela se traduit notamment par le traitement du bleu du ciel et de la mer, accentué jusqu’à devenir presque paradisiaque, proche d’une image de carte postale, plus idéalisée que la réalité.

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Le tournage s’est déroulé sur une cinquantaine de jours, composés pour la plupart de demi-journées, en raison de la présence quasi constante des deux jeunes acteurs principaux (10 et 11 ans) et du souci, partagé par Joachim et les producteurs, de respecter strictement la législation encadrant le travail des mineurs.
 J’ai donc constitué une équipe légère, deux personnes par département, mais bénéficiant de temps de préparation quotidiens plus longs – deux à trois heures par jour. 
Grâce à l’efficacité de Roel et Peter à la lumière, ainsi que de Stéphane et Niels à la machinerie, je n’ai jamais eu le sentiment de devoir limiter mes ambitions photographiques malgré cette configuration resserrée

Un choix pratique s’est également révélé très fructueux sur le plan esthétique : la quasi totalité des intérieurs de nuit a été tournée de jour. En mai et juin, la tombée de la nuit arrivant trop tard pour les enfants, cette contrainte m’a offert une opportunité supplémentaire d’accentuer le décalage avec le réel que je recherchais.
Pour cela, nous avons gélatiné toutes les fenêtres en Steel Green, en ajoutant selon les cas une couche de ND adaptée à l’exposition solaire.

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Dans la même logique, pour les scènes de nuit, j’ai légèrement diffusé la flamme des bougies et les lumières de ville à l’aide de Hollywood Black Magic, afin d’obtenir une douceur et une vibration lumineuse en harmonie avec l’univers du film.

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Côté caméra, j’ai choisi l’Alexa 35, dont la grande dynamique m’a permis de maîtriser les nombreux intérieurs très contrastés de la villa.

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J’ai aussi privilégié cette caméra pour sa texture, fidèle à ma recherche quasi obsessionnelle de pouvoir "texturer" l’image dès la captation.
Le ton du "film de vacances" m’a conduit à utiliser la texture Custom Nostalgic Forte (833) pour les plans larges, et la Custom Nostalgic Extreme (933) pour les plans plus serrés. Des tests filmés ont été réalisés avec les comédiens, validés par Joachim.
Lors de ces tests, j’ai également travaillé avec Anne Moralis, cheffe maquilleuse, afin qu’elle accentue les brillances sur le visage d’Eye : même dans une lumière faible, la peau devait capter et faire vibrer la lumière.
Pour les objectifs, j’ai opté pour la série anamorphique Xelmus Apollo, que j’apprécie pour ses aberrations, ses flares caractéristiques et sa distance minimale de mise au point. Ces qualités étaient indispensables pour les nombreux plans-séquences très proches des comédiens, une marque de fabrique du cinéma de Joachim. 
La précision de la mise au point représentait un défi constant, rendu possible grâce au talent et à l’expérience de mon fidèle collaborateur Amaury Duquenne.
Pour la première fois sur un film de Joachim, j’ai eu la chance de travailler avec un DIT. Cela m’a permis d’affiner les rushs au plus près de l’image que j’avais en tête, grâce à Aurélian, qui me proposait chaque soir des ajustements de LUT, élaborée en amont avec Thomas Bouffioulx, étalonneur du film.
Avec l’accord de l’équipe montage dirigée par Marie-Hélène Dozo et du directeur de post-production Olan Bowland, nous avons choisi d’utiliser le DNX 115 plutôt que le DNX 36 habituel pour la compression des rushs. 
Ce format, bien moins destructeur, a permis de préserver la richesse de la texture mise en place dès le tournage, évitant la perte de matière qui aurait sinon affaibli l’image au montage et altéré la continuité visuelle jusqu’à la version finale.

  • Bande-annonce officielle :
    –

    https://youtu.be/qdJjZaTKCIM?si=g19xr9SgJRapniyd



    Six jours ce printemps-là
    Réalisation : Joachim Lafosse

    Scénario : Joachim Lafosse et Chloé Duponchelle.

    Directeur de la photographie : Jean-Francois Hensgens, AFC, SBC
    Cheffe décoratrice : Julieta Fernandez
    Cheffe costumière : Virginia Ferreira
    Cheffe maquilleuse : Anne Moralis
    Montage : Marie-Hélène Dozo
    Son : Alain Goniva

Portfolio

Équipe

Premier assistant opérateur : Amaury Duquenne
Chef électricien : Roel Tanghe
Electricien : Pieter De Ridder
Chef machiniste : Stéphane Thiry
Machiniste : Nils Moreau
Etaloneur : Thomas Bouffioulx
DIT : Aurélian Pechmeja

Technique

Matériels Caméra et Lumière : TSF Belgique / Florent Kirkpatrick (Arri Alexa 35 et série anamorphique Xelmus Apollo)
Postproduction : L’Imagerie

synopsis

Malgré les dificultés, Sana tente d’offrir à ses jumeaux des vacances de printemps. Comme son projet tombe à l’eau, elle décide avec eux de séjourner sur la côte d’Azur dans la villa luxueuse de son ex belle-famille. En cachette. Six jours de soleil qui marqueront la fin de l’insouciance.