Les Petits ruisseaux

Pascal Rabaté, auteur reconnu de bande dessinée depuis 25 ans (la fameuse série Ibicus des années 1990) signe ici son 1er film, une comédie d’après son album Les Petits ruisseaux, album pour lequel il avait reçu, en 2007, le prix ACBC (Association des Critiques et journalistes de Bandes Dessinées). Il avait été honoré du même prix, en 1998, pour son album Un ver dans le fruit.

Je ne suis pas amateur de BD et Pascal ne connaissait pas mon travail. C’est la production qui nous a mis en relation.
Les Petits ruisseaux met en scène des personnes âgées qui retrouvent la joie de vivre à travers des histoires d’amour et de sexe. Cela me rappelait certaines séquences de Little Sénégal de Rachid Bouchareb où des anciens tombaient amoureux d’une façon très touchante.
Lors de notre première rencontre, nous avons parlé de l’image dans ses BD, que j’ai lues par la suite.

Daniel Prévost et Philippe Nahon
Daniel Prévost et Philippe Nahon
Les Petits ruisseaux de Pascal Rabaté
© Loin derrière l’Oural


Pascal Rabaté est originaire d’Angers ; nous avons tourné, en décor naturel, dans cette région, à Mazé, village de 1 000 habitants. Les retraités vont à la pêche, roulent dans des voitures sans permis, s’adonnent au jeu de boules de fort (jeu de boules traditionnel de l’Anjou qui se pratique en salle et en pantoufles, sur parquet incurvé), en buvant des fillettes de vin blanc, comme dans Les Petits ruisseaux.
La composition du cadre était son souci premier. Je lui ai proposé le Scope qui me semblait lui correspondre le mieux pour retrouver l’univers posé de ses albums.
Ce n’est pas un film d’action avec des mouvements d’appareil compliqués. Je savais qu’il aimerait faire évoluer ses personnages dans le cadre.
J’avais choisi une série S4, j’ai rajouté au dernier moment, par intuition, un 14 mm. Nous avons utilisé cette focale pratiquement tout le temps. Pascal aime les plans larges, pour lui, un personnage en pied est déjà un gros plan.

Voiturette orange
Voiturette orange
Les Petits ruisseaux de Pascal Rabaté
© Loin derrière l’Oural


Tourner en courte focale est évidemment une contrainte pour l’image et le son, mais les plans sont magnifiques, car bien composés.
En général Pascal Rabaté fait colorier ses planches de dessin, mais il maîtrise la couleur et joue avec les complémentaires. Dans le film, Daniel Prévost conduit une voiturette orange. Le choix de la teinte a pris des semaines.
Le cadre, la couleur, la collaboration entre le chef déco Angelo Zamparutti, le réalisateur et moi a très bien fonctionné.

Bulle Ogier et Daniel Prévost
Bulle Ogier et Daniel Prévost
Les Petits ruisseaux de Pascal Rabaté
© Loin derrière l’Oural


Le choix de la RED s’est imposé très rapidement. Je l’avais utilisée à plusieurs reprises et nous n’avions pas le budget pour tourner en 35 mm.
L’étalonnage s’est fait, en quinze jours, chez Duboi Duran.
La présence du réalisateur à l’étalonnage est parfois source de conflit, mais avec Pascal, c’était génial, une émulation constante.
C’est souvent passionnant de travailler avec un réalisateur qui n’a pas d’expérience cinématographique. Ici, sa conception du champ contre-champ comme celle de la place de la caméra vient de son univers graphique. Elle est tout autre, mais enrichissante.
Pascal a écrit un scénario (original, cette fois). Nous tournons en septembre, j’ai déjà un " story board " de 200 pages…
(Propos recueillis par Isabelle Scala)

Équipe

Assistants opérateurs : Fatma Chérif, David Morille, stagiaire vidéo Aurore Hass
Chef machiniste : Pierre Emilie
Chef électricien : Arnaud Gross
Production : Loin derrière l’Oural

Technique

Matériel caméra : Panavision-Alga-Techno, caméra RED
Matériel électrique : Cininter, Keylite, FL Decors
Machinerie : Panavision-Alga-Techno
Laboratoire : LTC
Etalonnage film : Jimmy Christophe
Postproduction numérique Duboi Duran
Etalonnage numérique : Gilles Granier