Les métiers du cinéma, sous les projecteurs du CNC

"Le directeur de la photo, maître de la lumière"

Contre-Champ AFC n°329

Le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée) met en lumière, depuis 2019 sur son site Internet, différents métiers du cinéma et des autres arts et industries de l’image animée, le dernier en date, début février 2022, étant celui de scénariste de jeux vidéo. Peu avant, en janvier, il invitait à découvrir le métier de directeur de la photographie dans un article où Caroline Champetier, AFC, expliquait les impératifs et les responsabilités de son métier.

C’est le poste technique le plus prestigieux après celui de metteur en scène : si ce dernier est le grand maître d’œuvre d’un film, le directeur de la photographie est celui qui apporte la lumière en fonction de laquelle les acteurs, les décors et les costumes brilleront d’un jour particulier. « Le directeur photo est la personne qui fait se rencontrer la vision d’un metteur en scène et la réalité », dit joliment Caroline Champetier, l’une des premières femmes à avoir embrassé ce métier en France. Depuis les années 1980, les plus grands réalisateurs font appel à elle, de Jean-Luc Godard à Leos Carax, en passant par Jacques Doillon, Xavier Beauvois, Benoît Jacquot, André Téchiné, Arnaud Desplechin ou Barbet Schroeder. Une pointure au parcours classique : étudiante à l’IDHEC (la grande école publique de cinéma, ancêtre de La Fémis), dont elle sortira diplômée en 1976, puis assistante pendant huit ans du grand chef op’ William Lubtchansky (fidèle de Varda, Godard et Rivette), elle se fera la main sur quelques courts métrages avant de se lancer dans le grand bain. « Les gens qui sortent des écoles et qui se proclament spontanément directeur de la photo me posent problème. »

Le directeur photo est le chef de l’équipe image, constituée d’électriciens-éclairagistes, d’un cadreur – qui peut être le directeur de la photo en personne – et d’assistants dédiés à la lumière et au cadre. Le nombre de membres qui la constitue varie selon l’ampleur des films. « On peut faire des choses magnifiques à quatre comme à trente », commente Caroline Champetier. « Sur le dernier Leos Carax, Annette, que je viens de terminer, nous étions près de vingt, ce qui est une configuration assez lourde. Dans tous les cas, la confraternité est importante car notre responsabilité est énorme envers les acteurs. En outre, on ne peut pas se louper : ce qui est tourné est tourné ; ce n’est pas comme au montage où l’on peut faire et défaire sans arrêt les choses. »

Quelques-uns des autres métiers mis en lumière par le CNC
- Le superviseur VFX ou l’art du trucage
- Le mixeur son, entre technique et sensibilité
- Le story-boarder, la mise en scène en images
- Scripte, la mémoire du film
- Sound designer, un créateur d’ambiances sonores
- L’étalonneur numérique, un créatif de l’image
- Elsie Herberstein, dessinatrice de plateau : Préserver la mémoire du tournage
- Le photographe de plateau, un témoin qui capture l’instant
- Le 1er assistant réalisateur ou l’art de l’anticipation
- Les maquilleurs, entre ombre et lumière.