Quelques heures de printemps

Quelques heures de printemps fait sans aucun doute partie de ces films qui ravivent mon amour du cinéma, mon plaisir à " faire des films ". Que ce soit la coopération avec Stéphane Brizé (la deuxième après Mademoiselle Chambon), la cohérence des moyens mis en œuvre par la production (TS), ou le bonheur sur le plateau, tout a convergé pour travailler dans la sérénité et permettre à Stéphane de faire un très beau film.
Sur le plateau de "Quelques heures de printemps"
De g. à d. : Armel Durassier, perchiste, Marion Pin, scripte, Stéphane Brizé, Ludovic Bezault, stagiaire caméra, Michaël Crotto, photographe de plateau, Antoine Héberlé, derrière la caméra, Mathieu Bertholet 1er assistant opérateur


Les différents départements de l’équipe se parlent, mais surtout s’écoutent, pour définir ensemble la forme que prendra le tournage. Ce devrait être la base sur laquelle construire tout projet de film.
Stéphane travaille depuis ses débuts avec TS Productions. Gilles Sacuto et Miléna Poylo connaissent parfaitement sa façon de tourner et sont très attentifs à l’équipe et au temps de tournage. C’est essentiel pour qu’un metteur en scène puisse continuer à chercher, à travailler sur le plateau, que ce soit avec les comédiens ou ses collaborateurs techniques les plus proches.

En ce qui concerne notre préparation, Stéphane m’a demandé de pouvoir travailler avec ses comédiens comme si l’on pénétrait dans la maison des personnages, et qu’ils puissent au mieux oublier le plateau de tournage. Il fallait donc installer un minimum de sources à l’intérieur. Nous n’avions pas de groupe électrogène et il a fallu se débrouiller avec deux 6 kW à l’extérieur, tandis qu’à l’intérieur nous avions suspendu quelques Kino, des Lucioles, et une guirlande un peu accessoirisée et très mobile. Le choix des décors a été primordial et particulièrement celui de la maison où nous sommes restés près de trois semaines.

Pour définir l’image du film, nous avons fait des essais en 35 mm, en Arri Alexa, en 16 mm aussi car Stéphane a toujours peur d’une image trop lisse et sans texture. Inimaginable aussi pour lui de se limiter dans le nombre de prises... Sans aucune pression de nos producteurs – qui serraient tout de même les dents car notre budget était restreint – nous avons choisi l’Alexa, pas mal filtrée et avec une émulation de grain en postproduction chez Digimage.
C’était mon premier film avec cette caméra et depuis il y en a eu quatre autres. Nous avons créé deux LUT avec Serge Antony chez Digimage et étalonné un BTLH 1700 qui a commencé à me servir de référence et puis, très vite, je me suis habitué à la visée de l’Alexa et à l’image de l’Astro ; je ne me déplaçais pratiquement plus pour regarder mon image HD sur le moniteur 17 pouces et je retrouvais très vite ma façon de travailler comme en pellicule, c’est-à-dire au cadre et à l’œil, avec un petit coup de spotmètre pour vérifier mes extrêmes.

Le grand plaisir sur ce film a été le travail du cadre et du découpage avec Stéphane. Le film était techniquement simple et nous avons eu le temps de chercher, de reprendre, comme en musique, pour épurer au maximum et garder la distance juste avec nos personnages. Nous avons vraiment pu affiner ce travail et la mise en scène de Stéphane est très rigoureuse, presque uniquement en plans séquences, et cela a permis aux comédiens de jouer le temps de la scène dans chaque prise, pour y construire le rythme, les variations, les allitérations.
J’étais ravi de retrouver Vincent Lindon, et très heureux de rencontrer Hélène Vincent et Olivier Perrier qui ont été bouleversants au point d’embuer parfois mon œilleton...

Olivier Perrier et Vincent Lindon


Vincent Lindon et Stéphane Brizé


A mes côtés, et toujours aussi généreux :
Mathieu Bertholet au point épaulé par Hélène Degrandcourt et Ludovic Bezault.
Stéphane Assié et Christophe Bassoulet à la lumière qui ont abattu un sacré boulot à deux !
Nico Eon et François Xavier Clery à la machinerie qui nous ont permis de tourner la nuit le jour, malgré les étages, et avec une discrète découverte photo... Mathieu Jourdan et Jean Guy Cheny sont venus en renfort pour installer tout ça.
La caméra venait de chez Panavision, la lumière et la machinerie de chez TSF.
Un grand merci à Serge Antony et Thomaso Vergalo chez Digimage qui m’ont permis d’aborder ce premier film en Alexa en toute sérénité.
Encore un grand merci à Stéphane Brizé pour sa confiance.

Thierry Fièvre, accessoiriste, soulage Hélène Vincent qui s’en amuse

Équipe

Assistants opérateurs : Mathieu Bertholet (1er), Hélène Degrandcourt et Ludovic Bezault
Electriciens : Stéphane Assié et Christophe Bassoulet
Machinistes : Nico Eon et François-Xavier Clery

Technique

Matériel caméra : Panavision Alga (Arri Alexa)
Matériel lumière et machinerie : TSF Lumière & Grip
Postproduction numérique : Digimage Cinéma