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Deux frères

Photographié par

Jean-Marie Dreujou , AFC

Avec

Guy Pearce Voir Guy Pearce dans l'index , Jean-Claude Dreyfus, Philippine Leroy-Beaulieu

Sortie : 7 avril 2004

- Modifié le
Il était une fois deux frères. Nés au cœur de la jungle indochinoise, dans les ruines d’un temple que l’on pouvait croire oublié à jamais, deux petits tigres grandissent, se livrant aux jeux de l’apprentissage sous le regard bienveillant des Bouddhas rongés par la mousse et celui, attentif, de leurs parents.

Le destin des deux frères bascule lorsque survient un ancien chasseur reconverti dans le pillage des statues sacrées.
L’un se retrouve vedette de cirque sous le nom de Koumal.
L’autre est baptisé Sangha par le fils d’un administrateur colonial qui en fait son animal de compagnie, avant d’être confié à un Prince.
Les deux frères se retrouveront à l’âge adulte, dans une arène, face à face (synopsis du dossier de presse).

Avec Jean-Jacques Annaud
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, metteur en scène d’exception, rien n’est impossible ! Tous les décors extérieurs, pour la plupart inaccessibles, se sont transformés en véritables plateaux de cinéma.
Le filetage d’une zone de sécurité s’impose lors du tournage de chaque scène : bien évidemment, aucun filet ne doit se voir à l’image !
Nous avions pris le parti de placer systématiquement une caméra sur une grue avec une tête Scorpio
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2D (positionner cette grue sur un travelling nous permettait de couvrir un maximum d’angles de prises de vues), et une autre caméra était installée sur une Arri
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Head avec la télécommande " e-gearing ". Les commandes de ces deux caméras étaient installées dans une cage (dite " Casa Garcia ", du nom de mon ingénieur de la vision), qui regroupait aussi notre installation de régie vidéo et les retours de toutes les autres caméras. On implantait ensuite la cage pour la caméra qui serait cadrée (il est très difficile de cadrer un animal en gros plans avec une tête " remote ") et une autre caméra fixe (pour permettre de faire plusieurs passes et extraire les dresseurs ou les éventuels filets en postproduction). Il fallait aussi installer le " motion control " pour pouvoir réaliser des mouvements en plusieurs passes. Cette préparation se faisait tous les matins après, en général, 1h 30 de piste, et parfois 35 mn de marche. _ Au début du tournage, cette préparation nous prenait 3 heures. Dès la troisième semaine, elle a été ramenée à 1h 30 ! Je dois dire la compétence de toute mon équipe, qui a fait un travail extraordinaire ! Je vous laisse deviner le nombre de câbles qu’il a fallu brancher, le nombre de réglages difficiles qu’il a fallu effectuer pour assurer un tournage sans ennuis !...

C’est durant tous ces branchements que les machinistes installaient le travelling pour la grue, pour le " motion control ", et pour l’" e-gearing ". En ce qui concerne la grue, Paul-Claude Bessierre, mon chef machiniste, se préparait une petite cage pour pouvoir sortir par moments, et déplacer le bras, ou même effectuer des mouvements, étant protégé par un dresseur. Le travelling de l’" e-gearing " était, lui, relié à un système de poulies avec deux fils que deux machinistes actionnaient depuis une petite cage personnelle. Parallèlement, les électriciens implantaient les projecteurs. J’utilisais en général deux 18 kW à la face (HD oblige) et je faisais installer des 12 kW Cinepar au sol, cachés derrière la végétation.
Ils étaient focalisés sur des panneaux de Mirolège placés en haut des arbres. Ce système me permettait de garder un maximum de taches de lumières artificielles dans la jungle, indépendamment de la lumière du soleil, car les plans se tournaient souvent dans une longueur de 50 minutes, et il fallait essayer de limiter au maximum le travail des effets spéciaux pour raccorder l’évolution de la lumière du soleil.

Quand tout ce travail était effectué, les " stars " pouvaient travailler ! Le dresseur Thierry Le Portier, après avoir placé ses assistants, dirigeait ses tigres ! Jean-Jacques, posté avec nous dans la " Casa Garcia ", donnait les directives à tout le monde. Nous étions tous en liaison radio, et il était aisé de rectifier toutes les positions de caméra en fonction de la place des tigres, et des actions à filmer. Je vous laisse imaginer toutes les contraintes quand on filme pendant 50 minutes !... Les fausses teintes à gérer, la concentration du cadre et de la mise au point..., etc. !
Avec ce système, nous avons tourné dans différents lieux du Cambodge, pendant quatre mois, allant même jusqu’à construire un campement de 110 tentes dans des lieux dépourvus de toute infrastructure !...
4 semaines de tournage à Bangkok (extérieur et studio) et 10 semaines à Paris aux studios d’Arpajon, soit au total 169 jours de tournage ! 7 semaines d’étalonnage avec Yvan Lucas
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et Bruno Patin
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aux laboratoires Eclair
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.

Un grand merci à toute mon équipe, qui a tenu le coup dans des conditions difficiles, et a assuré un travail technique de premier ordre, et un coup de chapeau à Olivier Garcia
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, qu’aucun cas de figure ne désespère !...
Merci à toute l’équipe d’Eclair
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(chimie, numérique, effets spéciaux).
Merci à Jean-Jacques, pour tout !... Et aussi pour avoir réussi un film incroyable, porté par la grâce, où les tigres filmés avec fluidité jouent à la perfection, et permettent, par identification aux hommes, de s’humaniser !!!
Nous avons vécu une aventure humaine inoubliable !...

Je ne serai pas présent le lundi 5 avril lors de la projection. Je ferai un autre texte le mois prochain concernant plus précisément mon expérience en HD Cam.


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Equipe

Chef machiniste : Paul-Claude Bessière
Technicien de l’image numérique : Olivier Garcia Voir Olivier Garcia dans l'index
Dresseur : Thierry Le Portier

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