Largo Winch

Paru le La Lettre AFC n°181 Autres formats

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Le tournage de Largo Winch a duré cinq mois et a demandé une préparation importante. C’est donc pour moi huit mois de travail sur un film passionnant qui nous a emmenés dans trois pays différents. Le pari d’adapter une bande dessinée au cinéma est difficile mais très excitant, aussi bien d’un point de vue pictural que scénaristique ou du casting.
Jérôme Salle et Denis Rouden à la caméra
sur le tournage de Largo Winch

Jérôme Salle, après des semaines d’essais avec de nombreux comédiens, s’est décidé pour Tomer Sisley contre l’avis général et la furie des aficionados de la BD. Mais sa détermination pour Tomer, qui parle cinq langues couramment et effectue ses cascades lui-même, s’est avéré un choix judicieux. Après cinq minutes de film, on ne se pose plus la question de la ressemblance physique du Largo de la BD et Tomer devient le héros de ce film d’aventure au rythme effréné. Je lui rends hommage au passage, lui qui pendant les 82 jours de tournage est passé de la 1re à la 2e équipe sans prendre une journée de repos.

Bien sûr, pour ce genre de film, la comparaison avec le cinéma d’outre-atlantique est inévitable, aussi nous avons essayé avec nos moyens d’optimiser au maximum l’efficacité de la prise de vues.
Deux caméras pour la 1re équipe dont un Steadicam en permanence, une grue MT400 liée à une tête Mo-sys qui nous donnait une plus grande liberté dans le découpage.
La 2e équipe brillamment dirigée par Roberto De Angelis a travaillé pendant 33 jours avec 2 caméras et nous a délesté de beaucoup de plans, notamment dans les scènes d’actions. Ce qui paraissait lourd au départ s’est avéré indispensable et très efficace pour arriver à faire ce type de film.

Comme d’habitude, je remercie Danys Bruyère et Laurent Kleindienst du groupe TSF pour leur coopération et leurs conseils avisés tout au long du tournage.
Mon équipe habituelle m’a suivi de Malte à Hong Kong (Marie-Laure Prost, Bruno Durand, Olivier Mandrin pour les chefs de poste).
Didier Le Fouest aux commandes du Lustre chez Duboi a colorisé avec beaucoup de talent le film.
Mac Guff pour les truquages avec Rodolphe et son imagination.

Denis Rouden, au centre, pose avec son équipe image

Je remercie Jérôme Salle pour m’avoir fait confiance à nouveau et pour avoir dirigé ce tournage avec une maturité rare pour un deuxième film.
Enfin je regrette que, malgré une approche de Kodak et un gros effort de leur part pour que le film soit tiré en 5293, rien n’ait abouti. Il semblerait qu’il y ait eu un blocage, pour d’obscures raisons, de la part du laboratoire LTC, au détriment des choix artistiques voulus par le réalisateur et moi-même. J’ai dû me résoudre à tirer sur de la Fuji haut contraste qui s’approche le plus de ma copie de référence en Kodak 93.
Je salue quand même l’excellent travail de Jimmy sur l’argentique.

Portfolio

Technique

Caméras : Arricam Lite, Arricam Studio, Arri 435
Optiques : Cooke S4 + zoom Angénieux 24-290 mm
Format : Super 35 3 perf, en 2,35:1
Pellicules : Kodak 5219 et 5217 et Fujifilm Eterna 500 et Eterna 250. »