Prête-moi ta main

Tourné à l’automne 2005, Prête-moi ta main est ma troisième collaboration avec le réalisateur Eric Lartigau. A contrario de ses deux films précédents (Un ticket pour l’espace et Pamela Rose), il ne s’agissait plus de s’attacher aux codes visuels ou aux ambiances référencées d’un genre, polar, science-fiction...

Pour cette comédie romantique, notre approche fut davantage la recherche d’un univers vraisemblable, à la fois élégant et familier. Eviter les effets trop marqués dans un sens ou l’autre, sans suréclairage ni contraste excessif, ne pas sentir les sources comme on dit, rester dans la vie et le réalisme autant que le voulait l’histoire. Notre seule entorse fut pour une séquence de flash-back, traitée en étalonnage numérique avec un travail de sélection de couleur destiné à bien trancher les deux époques. Le reste du film a suivi le procédé classique argentique.

Le tournage s’est déroulé exclusivement en décor naturel et, nous avions souvent une quinzaine d’acteurs dans la même pièce. Une cohabitation plus que sympathique, même si la place était vite comptée et le mètre carré au prix de l’or en barre (Bouladou bien sûr...). Pour l’appartement de famille par exemple, toute la lumière est reprise de l’intérieur, le site ne permettait pas d’éclairer par les fenêtres. La hauteur sous-plafond conséquente de cet appartement haussmannien et l’ingéniosité combinée de mes chefs électricien et machiniste (Patrick Contesse et Gaston Grandin) m’ont permis de disposer d’accroches salvatrices grâce à un système dit d’araignée qui par un seul point de fixation centrale tendait à l’aplomb des décors une sorte de gril avec des Kino Flo. Des Softubes K5600 planqués dans les doubles rideaux pour les scènes de jour ont fini le travail.

Charlotte Gainsbourg et Eric Lartigau
Charlotte Gainsbourg et Eric Lartigau
sur le tournage de Prête-moi ta main, film photographié par Régis Blondeau

Pour les intérieurs nuit - tournés de jour - nous disposions sur les vitrages de la gélatine neutre et un 1/2 CTO pour descendre l’extérieur au bon niveau de manière à garder une teinte légèrement bleutée derrière les tentures. J’ai préféré cette option au borniolage. Au final, nous pouvions proposer un plateau dégagé, fenêtres comprises, ce qui laissait une grande liberté de filmage et allait bien avec notre idée d’une photo naturaliste.
Le matériel caméra était constitué d’une Panavision Millenium et d’une série Primo de Panavision-Alga.
La pellicule était issue de la gamme Kodak Vision 2, 250 D (5205) pour les extérieurs et intérieurs jour, et 500T (5218) pour les nuits. Les séquences truquées ont été tournées en 200T (5217) pour calmer toute remontée éventuelle de granulation lors du scan.
L’étalonnage numérique des séquences flash-back a été assuré par Yvan Lucas et l’argentique par Christian Dutac chez LTC. Merci à eux.

1er assistant opérateur : Luc Pallet
2es assistants opérateurs : Philippe Lozano et Vanessa Guez

Équipe

Chef électricien : Patrick Contesse
Chef machiniste : Gaston Grandin

Technique

Pellicules : Kodak Vision2 5205, 5217 et 5218
Matériel caméra : Panavision-Alga-Techno, Millenium et série Primo
Matériel électrique : Transpalux
Matériel machinerie : Key Grip System, Cicar, Cinesyl
Laboratoire : LTC
Etalonnage numérique : Yvan Lucas
Etalonnage argentique : Christian Dutac